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mercredi 24 septembre 2025

La pergola.


 

Sous la pergola plus personne,

Une rose fleurie étonne,

Elles sont rares maintenant

Que le soleil va tâtonnant

Parmi les brumes matinales.

Hier le banc était une escale

Dans l’ombre des après-midis

Mais il fait frais et tout est dit.

Depuis qu’on a passé septembre

Le jardin n’est plus l’antichambre

Claire qu’on préfère au salon

Quand les crépuscules sont longs.

L’écho d’un mot serait un baume,

Ombre, silhouette, fantôme

Dont l’image déjà se perd,

Au silence des lieux déserts.

 

vendredi 17 janvier 2025

Parler.

 
 

 

 Parlons de peu, parlons de rien,

Du vent, des nuages, des pierres,

Des chemins et de leur poussière,

Parlons de peu mais parlons bien.

 

Parlons d'amour et de tristesse,

De voyages, de souvenirs,

De joies sans doute et de désirs,

Parlons-en bien car le temps presse.

 

Parlons car le monde qui vient

Se moque des vers inutiles,

La vie et la mort sont futiles,

Parlons de peu, parlons de rien.


 

jeudi 9 janvier 2025

L'après-noël.

 

C'est sa dernière nuit, le sapin s'illumine,

Son feuillage a l'odeur de mes Noëls anciens

-Combien sont-ils qu'à l'oubli je destine ?-

On le défait demain. Il n'en restera rien.


Un moment de douceur et de mélancolie

Dont je profite seul; je sais qu'il se fait tard

Mais demain changeant tout, veiller qui s'en soucie ?

Ce qui compte pour moi tient dans un seul regard:


Le cuivre ou le safran ou l'or des verreries,

Scintillants ornements d'un sapin défraichi,

Dernière enluminure -il en est enrichi-

D'un livre nommé Hier et Mille Fantaisies.


Une heure calme aux fantômes d'enfants

Devant d'autres sapins; belles images...

L'enfant qui rit et qui me dévisage,

Je le connais. Je le vis bien souvent.


La même joie est un peu notre mère;

Petit ami, viens me donner la main,

Admirons tous les deux notre sapin

Et, souriants, oublions l'éphémère.


jeudi 18 mars 2021

Vieux-Nice.

 

 


 

Dans les ruelles du Vieux-Nice

S’en reviennent tranquillement

Ces mots que je vais murmurant

Comme une chanson que l’on bisse.

 

Qui trouvera ces vers simplets

Et l’air un peu passé de mode ?

Les ombres, que le soleil brode

Au fil d’or, aiment ces couplets

Car ils sont nés dans la fournaise

D’un grenier, au bout de l’été,

Où quelque amour en liberté

Pouvait rêver tout à son aise.

 

Sur les pavés irréguliers

C’est bien l’été des retrouvailles

Où les façades emmuraillent

Dans les midis en pointillé

Le calme des fraîcheurs obscures.

 

Dans une cour, trois mots chantants

Et ce refrain en même temps

Entre fenêtres et toitures…

Un refrain cent fois répété

Dans la gaieté de l’aventure

Pour l’amour qui, je te l’assure,

Ne cesse jamais d’exister.

 

Sainte Reparate est si fraîche

Mais sombre aux yeux ensoleillés

Où le même sourire a brillé ;

Non, je ne crois pas que l’on pêche

En chantonnant parfois à deux…

 

Et dehors midi continue

A poursuivre l’ombre des rues

De son inextinguible feu.

 

                               ***       

jeudi 19 novembre 2020

Le vieux livre.

 

 

 
 

Le livre est en mauvais état,

Il appartenait à mon père

Qui pour l’acquérir n’avait pas,

A l’époque, d’argent ou guère.

J’imagine qu’il l’acheta

Lorsqu’il s’en revint de la guerre ;

Quarante-six, on l’imprima,

Pour qui fut-il une « première » ?

Je ne sais qui le maltraita,

-C’est peut-être à force de plaire

Que tout le dos s’en déchira-,

Ni sur quel étal terre à terre

Mon père à la fin l’acheta.

Ce soir mon cœur est une pierre

Et je parcours de ci delà

Tout ce que lui aussi naguère,

Page après page, feuilleta,

Point de mire ou point de repère,

Malgré le temps qui s’envola,

Ces pages où mon cœur se serre

D’aimer encor ce qu’il aima

Sont dans Alcools d’Apollinaire.

 

                               ***