Pour vous dire sans parler
Le meilleur des mille choses
Depuis toujours quasiment
A la place des amants.
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Pour vous dire sans parler
Le meilleur des mille choses
Depuis toujours quasiment
A la place des amants.
Souriez-moi de ce même sourire
Que je vous connaissais dans les bons jours
Et quelquefois - car il en fut - les pires ;
Souriez-moi comme sourit l’amour.
Comme il me souriait à cette époque
Et puis - pourquoi ? - de moins en moins souvent.
Souriez-moi, le reste je m’en moque ;
Un sourire, un, comme tous ceux d’avant,
Qui chasserait toute cette fatigue
Et le chagrin qui se lit dans vos yeux.
Vous érigez entre nous cette digue
D’un silence accablant comme un adieu.
Vous désirez que rien ne le retarde
Et maintenant un sourire est de trop,
Je le vois bien lorsque je vous regarde
Et il ne sert à rien que j’écrive ces mots.
Il me faudrait quelques siècles d’amour
Pour compenser mon rêve et ses heures déçues.
Je ne suis pas certain de trouver dans les nues
Ce qui sur cette terre a manqué à mes jours.
On dit que c’est bien mieux. Oui, mais c’est autre chose
Et ce qui m’a manqué me manquera toujours.
Je me dirai : « Pourquoi ai-je passé mon tour ?
J’y penserai et à quoi bon que je repose !
Le Paradis ? Mais non, c’est juste pour les saints
Et les amants déçus qui sait où on les range ?
Car si les Saints, en tout, font à peine une frange,
Les déçus de Vénus font un immense essaim !