Ce qui s’en vient, ce qui s’en va,
Des feuilles d’or qu’on voyait là,
L’hiver qui fait ses premiers pas,
C’est dans la ville que voilà
Ce qui s’en vient, ce qui s’en va.
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Ce qui s’en vient, ce qui s’en va,
Des feuilles d’or qu’on voyait là,
L’hiver qui fait ses premiers pas,
C’est dans la ville que voilà
Ce qui s’en vient, ce qui s’en va.
Autant la feuille morte
« Automne » dit le vent,
Tout comme ceux devant
A qui plus rien n’importe ;
« Automne » dit le vent,
Autant la feuille morte.
Tilleuls d’orfèvrerie et dorés à la feuille,
Araucarias grenat, rubescence d’érables
Dispensent sans compter leurs trésors périssables
Au soleil d’un matin qu’un soir mauvais endeuille.
Et l’aube que salue un vague lendemain
N’est plus que d’arbres noirs, de tristesse et de deuil
Auxquels tout rimailleur pourtant fait bon accueil
Tout comme je le fais et signe de ma main.
Les marronniers des quais ont perdu leurs tons fauves,
Les cieux sont d’un lavis de gris, comme la vie,
Déjà la pluie en ville au bout des jours s’ennuie,
Le vent aussi. Les marronniers des quais sont chauves.
L’automne en ritournelle aux accents de saison
Imprègne tant soit peu les poèmes qu’on faits
Nostalgiques, bien sûr ; ce n’est pas sans raison
Et à bien réfléchir, c’est du meilleur effet.
La paix en la ville déserte,
Un bel automne au bord de l’eau
Où la rive demeure verte
Ni plus ni moins qu’il ne le faut.
Que de mains tendues aux doigts d’or
Et pas une qui me retienne
Mais la vôtre manque à la mienne,
Me manque toujours et encore.
Le long des quais un promeneur,
Un promeneur qui s’imagine
Que l’amour revient et demeure
Quand on l’écrit ou le dessine.
Les feuilles mortes au pavé,
Sur les secrets d’amours anciennes
-Qui voudrais-tu qui s’en souvienne ?-
Sont autant de mains refermées.
La ville s’est bâtie d’absence
Sur un fond d’octobre au jardin ;
Je m’en vais seul et en silence,
Vous ne me donnez plus la main.