vendredi 2 octobre 2026

Le tranquille incertain.

 

 

Ce matin ma rue est tranquille,

De l’un à l’autre magasin

C’est le quotidien qui défile ;

Seul le ciel demeure incertain.

 

Banalité de ces heures dociles,

Le bout de la semaine atteint,

Tout est simple et tout est facile,

Habituel sinon serein,

Seul le ciel demeure incertain.

 

Ecrirai-je : « la vie est belle » » ?

Vingt ans plus tôt, vingt ans plus tard

Ont accouché d’heures jumelles,

Tout est normal à tous égards.

On le veut comme on l’imagine,

Ô, banalité du destin !

Ce jour a vraiment bonne mine,

Seul le ciel demeure incertain.

 

Des voitures et le tram passent,

Habitudes et petits riens,

Quelle inquiétude aurait sa place ?

Je vous assure, tout va bien.

Que voulez-vous qui m’embarrasse,

C’est vraiment un charmant matin,

Seul le ciel demeure incertain.


 

lundi 28 septembre 2026

Autres voies.

 


Je sais de tout petits chemins

Qui se promènent en silence

Bien à labri des lendemains,

Des vacarmes, des pestilences,

Des sots, des fous et des violents.

Je connais des sentiers timides

Qui s’en vont sinueux et vides

Et savent se cacher des gens.

 

Ils s’enfoncent dans les campagnes

Où dorment de vieilles maisons

Ouvertes aux quatre saisons

Et loin des châteaux en Espagne.

Ils promènent des nuits en paix

Dans les automnes de clémence

Et des hivers comme il leur plaît,

Vêtus de leurs neiges immenses.

 

L’un d’entre vous me dira-t-il :

Où puis-je trouver ces chemins ?

Qu’il comprenne, s’il est subtil,

Qu’ici je lui donne la main.

 

lundi 21 septembre 2026

Des mots.

 


 

Où sont les vers de Baudelaire,

Ceux de Verlaine et de Rimbaud,

Ceux de Madame Deshoulières

Ou ceux de Jean-Ogier Gombaut ?

De Marc Papillon de Lasphrise,

De Nerval et de Heredia ?

Où sont chapelles comme églises

Qui tiraient à hue et à dia

Sur les chemins de poésie ?

Où sont les grands et les petits,

La rigueur et la fantaisie,

Les orfrois et les confettis,

Le rosier emprès les orties

Et le vinaigre et l’ambroisie,

Le vacarme et le vent coulis ?

Où donc est la Belle Cordière ?

Où sont Théophile de Viau,

Villon et la Belle Heaumière,

Où sont Rutebeuf et Hugo,

Aragon et Apollinaire,

Où sont tout simplement les mots ?