dimanche 16 août 2026

Un pont si loin.

 

 

« Passerez-vous le pont ? » disais-je,

Dans un poème d’autrefois ;

Le pont, trop vieux, se désagrège

Et vous ne ferez plus ce choix.

 

Je suis resté sur cette rive

A vous attendre bien longtemps.

L’espérance était excessive,

Je n’en regrette rien pourtant.

 

Ce soir, au bord de la rivière

Je sais qu’il faut vous dire adieu.

Que reste-t-il du pont de pierre ?

Des souvenirs et un vœu pieux.

 

Voici quelques vers que j’ajoute

Aux précédents. J’ai le cœur lourd

De m’en aller seul sur la route

Que j’avais prise par amour.

 

J’ai le cœur lourd de vos sourires

Et d’une tendresse avortée,

Et, non, je ne sais rien de pire,

Rien qui n’ait autant de portée

Que l’ultime renoncement

Lorsque l’on aime tellement.

 


 

dimanche 9 août 2026

Rien.

 


 

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,

Un petit air presque indolent,

Une comptine, une berceuse,

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse.

 

Et quant aux veilles sourcilleuses

Qu’un autre y prenne son élan,

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,

Un petit air presque indolent.

 

Comme un refrain un peu vieillot,

Comme une vague mélodie

Peut-être en pièces des lambeaux

Qu’on voudrait en vain réunies…

 

 

Un trois fois rien dont on s’émeut,

Un souvenir à l’eau de rose,

C’est le cœur qui déraille un peu,

Une émotion qui prend la pose…

 

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,

Vivement que demain arrive ;

Il vaut mieux se coucher, je crois.

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi.

 

Allez, nous n’irons plus au bois,

Le fleuve coule entre ses rives.

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,

Vivement que demain arrive.

 

jeudi 30 juillet 2026

Sur le pas de ma porte.

 

Sur le pas de ma porte une première étoile ;

Il passe une chauve-souris.

Sur l’horizon diffus où la lune se voile

Quelque chose évoque le gris.

Au fond de Brocéliande à quoi pense Morgane

Ou dessus son île, Circé ?

Le divaguant poète a repris sa peau d’âne,

Disparaître n’est pas assez.

 

Sur le pas de ma porte une étoile seconde,

Le ciel fait encor son métier.

L’éternité ne dure au mieux qu’une seconde,

Le temps qu’il faut pour l’oublier.

Et vous et moi, je crois, pensons la même chose,

Soupirs, bagatelles d’été,

Qui ne servent jamais qu’à bien prendre la pose ;

Heureux qui s’en laisse conter.