Je trace un long sillon.
Je trace un lent sillon
Dans un champ difficile.
Photos, poésie, Strasbourg. Livre d'images et de mots.
Ce sont quelques vieilles chansons
Au bout d’un soir à la dérive,
Chantez-les à votre façon ;
Ce sont quelques vieilles chansons.
Qui oserait dire : « Pressons,
On nous attend sur l’autre rive » ?
Ce sont quelques vieilles chansons
Au bout d’un soir à la dérive.
***
Il était un jardin,
Il était une rose,
Parler demeure vain,
Si triste dans sa fin,
On n’en sait pas la cause,
L’amour est peu de chose,
Parler demeure vain.
L’amour s’en va, l’amour s’en vient,
La danse est affaire de poses,
Toujours encore et déjà rien,
C’est affaire de glose.
***
Le brouillard couvre le marais,
Comme les jours anciens s’effacent,
Que sont ces visages sans traits ?
Le brouillard couvre le marais.
Quatre saisons pour quels attraits ?
On n’en conserve aucune trace.
Le brouillard couvre le marais,
Comme les jours anciens s’effacent.
***
Givre et brouillard un beau matin
A la façon très coutumière
De tant de grands hivers lointains ;
Givre et brouillard un beau matin.
N’y manque guère qu’un lutin,
Bon connaisseur en la matière
De naissance comme d’instinct ;
L’heure en est pourtant coutumière…