dimanche 17 mai 2026

Avril.

 


 

Chaque mois veut une chanson,

Pas une ancienne, une nouvelle !

Moi, je crois qu’une par saison

Suffit mais Avril m’interpelle

Pour me vanter fleurs et bourgeons

Qui, pour lui, sont sous sa tutelle

Et puis, et puis cet horizon

Qui dit, même sans hirondelles,

Dans la rapide succession

Des averses qui s’interpellent

Entre deux bouquets de rayons,

« Qu’Avril » c’est ainsi qu’on épelle

« Printemps » sauf à lui faire un affront.

Quant à ma plume qu’en dit-elle ?

J’ai vu voler deux coccinelles :

Peut-être qu’Avril a raison.

 

vendredi 8 mai 2026

Les vieilles chansons de France.

 


 

Je chante, parfois à tue-tête,

C’est toujours les mêmes chansons

D’amants séparés qui s’entêtent,

De bergères et de moutons,

Et c’est la chanson de Pavie,

De Lapalisse ou Margotton,

Tristes ou gaies comme la vie,

Comme mon humeur, ton sur ton.

Je chante les chemins de France,

Les paysages, l’horizon

Et l’aventure où je me lance,

L’amour aussi de cent façons.

Ce sont des airs un peu sommaires,

Des refrains de facilité,

Les derniers qui savent me plaire

Tout autant que ma liberté.

On y trouve quelques fontaines,

Un roi qui fit battre tambour,

Le pont du Nord, la Belle Hélène,

Aux marches du palais, l’amour

Aussi d’une tant belle fille

Avec un petit cordonnier.

Trilles, vétilles et broutilles

Et moi je n’ai pas oublié.

 

jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.