vendredi 26 juin 2026

Le chapeau de paille.

 

N’en jamais rien dire qui vaille ?

 

C’est un chapeau de paille

Où flotte un ruban bleu,

Charmant et nostalgique -un peu-

J’en fais en souriant l’aveu.

Posé sur une chaise,

Un souvenir encor…

Dans une après-midi de braise

L’été se consume au dehors…

 

Un souvenir de paysages

Sous le ciel de printemps légers

Et celui d’un visage

En vain dévisagé.

Où donc est la tendresse

Et l’éclat de tes yeux ?

Le soleil d’aujourd’hui m’oppresse

Moins que ces souvenirs joyeux.

 

Sur une chaise dans l’entrée,

Juste après la porte vitrée,

Un élégant chapeau de paille

Comme une bague dont l’intaille

Marque le temps enfui

Juste au bas d’aujourd’hui,

Plus mort, hélas que vif,

D’un sceau définitif.

 


 

En jours, en mois.

 


Dépêche-toi, dépêche-toi

Avant que la cloche ne sonne !

On ne sait, ni toi ni personne,

S’il faut compter en jours, en mois

-Ecrirai-je le mot « années » ? –

Ce que la Parque doit filer.

Ma plume, éternelle étonnée,

Il faut courir ou mieux : voler.

Que cette époque ou non s’y prête,

Que nous importe en vérité ?

La dernière monture est prête,

Elle attend de nous emporter,

Ne perd plus aucune minute,

Nous savons bien qu’en cette lutte

- Tous deux bavards, est-ce un défaut ? –

Nous n’aurons pas le dernier mot.

 

mardi 23 juin 2026

Rondeau caniculaire.

 

Dans la pénombre, sans rien faire,

Pendant que brûle ce pays

De bois trop secs et de paillis

Sous le ciel blanc de sa lumière.

 

Même penser est téméraire,

Me suis-je dit, fort ébahi,

Dans la pénombre sans rien faire.

 

Il faut attendre, il faut se taire

Pendant que brûlent les taillis

Et les ruisseaux de cailloutis,

Il faut se cacher sous la terre

Dans la pénombre, sans rien faire,

Pendant que brûle ce pays.