samedi 18 avril 2026

Le bal des ombres.

 


 

Une chanson des heures sombres

Pour le grand bal des revenants

Où s’en viennent danser des ombres

Qu’on reconnait en s’étonnant.

 

Promenades et voltes lentes,

La musique s’en vient de loin

Et ces danseurs aux gestes amples

Comme l’assistance, pas moins.

 

Dans cette chanson les visages

S’en reviennent comme un refrain,

Un demi-sourire au passage,

Ces gens manquent un peu d’entrain.

 

Et pourtant la lumière est vive

Et leur jeunesse est à l’honneur

Dans les souvenirs que ravivent

En ma mémoire ces danseurs.

 

Au menuet la révérence,

Le temps d’une valse un regard,

Je sais ce que celle-ci pense

Aussi j’acquiesce : il est bien tard.

 

Et celle-là qui me salue

Dans sa robe d’obscurité

Songe-t-elle à ces heures nues

Sous les étoiles de l’été ?

 

A son léger signe de tête

Je reconnais ce cavalier,

Pour lui, puisque mes jours s’entêtent,

Je prie encore volontiers.

 

Sur un seul rang les cavalières

Ont fait face à leurs cavaliers,

Cette figure est la dernière

D’adieux à nul autre confiés.

 

La chanson arrive à son terme

Comme ce bal dont aujourd’hui

La porte ouverte se referme

Sur le silence de la nuit.

 

vendredi 17 avril 2026

Les quatrains désabusés.

 


 

A défaut de parler d’amour

On peut parler de politique,

Les deux vous déçoivent toujours

C’est de notoriété publique.

 

En discuter passe le temps

Mais sans le moindre effet pratique.

On n’est pas un grand résistant

Pour savoir se montrer critique

 

Pas plus qu’on est un grand amant

Pour savoir dans une épigramme

Comment trousser un compliment

Qui fera plaisir à Madame.

 

Les mots ne vous mènent pas loin

Surtout pas dans un soliloque.

Qui vous écoute dans un coin ?

Ni chat, ni rat, chacun s’en moque.

 

Vous pouvez décharger sans peur

Tout l’âcre flot de votre bile ;

Si votre somme en est meilleur

C’est que le faire était utile…

 

Dahlia.

 


Dahlia, fleur soleil hérissée

De couleurs et de reflets fauves

De safran, d’orange et de mauve,

Depuis longtemps outrepassée,

Ton heure me fait souvenir

D’une bien jolie aventure…

Quelques photos ici classées

Suffiraient donc pour qu’elle dure ?

Pour que l’aventure et la fleur

Qui sont depuis longtemps fanées

Reviennent parler à mon cœur

La langue d’amours surannées ?