jeudi 30 juillet 2026

Sur le pas de ma porte.

 

Sur le pas de ma porte une première étoile ;

Il passe une chauve-souris.

Sur l’horizon diffus où la lune se voile

Quelque chose évoque le gris.

Au fond de Brocéliande à quoi pense Morgane

Ou dessus son île, Circé ?

Le divaguant poète a repris sa peau d’âne,

Disparaître n’est pas assez.

 

Sur le pas de ma porte une étoile seconde,

Le ciel fait encor son métier.

L’éternité ne dure au mieux qu’une seconde,

Le temps qu’il faut pour l’oublier.

Et vous et moi, je crois, pensons la même chose,

Soupirs, bagatelles d’été,

Qui ne servent jamais qu’à bien prendre la pose ;

Heureux qui s’en laisse conter.

 


 

Nihil novis - Rien de neuf.

 

Nihil novis sub sole[1], non,

Même quand on l’imagine !

C’est évidemment la leçon

De l’âge qu’ici l’on devine.

 

Mon cœur, mon âme, qu’ajouter ?

La rose de Damas ou l’églantine,

La douce-amère et l’amour escompté

A qui tous ces vers se destinent,

 

Toi qui dit encore « oui » pour « non »

Et qui n’a jamais dit « peut-être »,

L’ancienne et nouvelle leçon

Et le désir dont nul n’est maître,

 

Toi qui si souvent s’envola,

La Sulamite[2] et l’étrangère,

La claire volée et le glas,

Nihil novis, ombre et lumières,

Qu’ajouter à cela ?

 



[1] Phrase latine : « rien de neuf sous le soleil ».

[2] Personnage du Cantique des cantiques attribué au roi Salomon et personnifiant l’amour.


 

dimanche 26 juillet 2026

Monologue.

 

Pour terminer ce monologue

-Qui ne vaut pas le décalogue-

Pauvre expression, maigres sujets,

Pour terminer ce monologue,

Ce dernier vers comme il me plaît

Que je récite d’un ton rogue :

Ô Muses, laissez-moi en paix,

La poésie est une drogue

Qui ne vaut pas le décalogue,

Pauvre expression, maigres sujets,

Je vous passe le catalogue

Pour terminer ce monologue.