C’est vrai, le citharède aveugle empreint
Du sentiment de la nécessité
A repris son bâton de pèlerin ;
Il s’est remis en route pour chanter
Les chants des carrefours et des saisons.
Je ne sais pas s’il a tort ou raison.
Son chant emprunte au bruissement des chênes,
A la voix du ruisseau dans la clairière,
Aux champs de blé murmurant dans la plaine,
Un peu, je crois, à d’anciennes prières,
A l’amour d’autrefois toujours pérenne
Comme à la liberté que rien n’enchaîne.
Et si demain vous deviez le croiser,
Arrêtez-vous un peu pour mieux l’entendre ;
Les souvenirs sont un plaisir aisé,
Qui sait ce qu’on peut en attendre ?


