lundi 13 juillet 2026

Nos possessions.

 


Nous avons le printemps et la campagne,

Quelque part à l’Ouest, mais loin, la mer,

Le soleil sur la ville et la montagne

Bleue, en ce fleuve, un reflet à l’envers ;

Un cœur joyeux et le vent qui gambade,

Des pissenlits jusqu’au bas des maisons,

Des souvenirs à l’encan que l’on brade,

Un livre à lire et pas une oraison ;

 

Une chanson à dire, une autre à faire,

Beaucoup d’indifférence, autant d’oubli,

Tout l’horizon, aucun itinéraire,

Une fenêtre, une table et un lit,

 

Tout ce qu’il faut d’humour et de colère,

Ce qu’il faut de bon droit, autant de torts,

Et de pardons, s’il en est sur la terre

Pour enfin aimer vivre et vivre encor.

 

dimanche 12 juillet 2026

Les heures fraiches.

 

Blanche façade du château

Dans un parc aux ramures sèches

Dont l’été verdit le plan d’eau.

Pourquoi rêver des heures fraiches

Où nous nous promenions tous deux

Avec tous deux au bord des lèvres,

Souvenez-vous, le même aveu ?

La scène est sans doute un peu mièvre,

Le moment, c’est vrai, mal choisi.

Juillet a brûlé ces feuillages

Et le temps, nos amours ici ;

A quoi bon en chercher l’image ?

Pour le plaisir de feuilleter,

Dans un vieux livre, quelques pages

Qui nous permettent de goûter

A la nostalgie au passage.


 

samedi 4 juillet 2026

Dialogue amoureux.


Les amours naissent et s’amusent

Au fil de l’air, au fil de l’eau

Il se fait de charmants tableaux

Aux bois où leur jeunesse muse.

 

Je ne crois pas que je m’abuse,

Les choses sont bien comme il faut ;

Les amours naissent et s’amusent.

 

La tourterelle craint la buse

Moins que moi, l’âge et ses défauts,

*Contre ce qui finit trop tôt

Nul ne connaît de bonnes ruses.

Les amours naissent et s’amusent

Au fil de l’air, au fil de l’eau

 

                        ***

 

Je vous y prends à ces « bientôt »

Qui valent moins que des « peut-être » ;

A souffler le froid et le chaud

La maîtresse devient le maître…

 

Passez, passez mes jouvenceaux,

Je cultive mes propres aîtres

Et ne serai point assez sot

Pour laisser l’amour y renaître.