dimanche 11 octobre 2026

Comme les défunts.

 


Même décor, même musique

Où j’accroche, sans y penser,

Dans cette vie à sens unique,

Les mêmes fragments de passé.

 

Quand le silence se faufile

C’est comme une espèce de froid

Qui l’accompagne et puis, fragile,

Ce récit qui n’a qu’une voix.

 

Qui dit « récit » prononce « Histoire ».

Je fus, j’étais, je ne suis plus

Et je me tais, à quoi bon croire

Les rêves dont est exclu ?

 

Hier emporte, quand on le chasse,

Un poids égal de lendemains,

Je demeure à la même place

Comme font aussi les défunts.

 

dimanche 4 octobre 2026

Fruit de l'ennui.

 


Comment combler ces heures vides

Dans l’attente de rien du tout ?

Mon ignorance me décide :

J’écris des rimes bouche-trous.

Ah, si j’avais une maîtresse

Ou si je savais tricoter !...

Faute de mieux je dois sans cesse

User de mots pour exister.

C’est ainsi que naissent les contes,

Les contes à dormir debout

Et des poèmes, j’en ai honte,

Qu’on ne lit jamais jusqu’au bout.

Moi, le premier, je vous l’avoue

Car ils sont le fruit de l’ennui

Avec lequel, ici, je joue

Aussi mal ou bien que je puis.

 

samedi 3 octobre 2026

L'embarquement pour Cythère.

 


A l’embarquement pour Cythère

Est-il besoin d’un grand bateau ?

Du tout, c’est un mauvais critère,

Dit le plus marin des oiseaux.

C’est comme pour les girouettes,

Tu peux en croire la mouette,

Le plus important c’est le vent,

Le vent qui change si souvent…