samedi 28 mars 2026

D'avril en Mai - Vieille chanson.

 


Il était tôt, il se fait tard,

Je ne sais pas dit le renard,

Je ne sais plus a dit le loup,

Et moi je ne sais rien du tout.

 

Qui donc a vu la tourterelle

Qui voletait chaque matin ?

Qui donc a vu sur le chemin

Se promener gaiement la belle ?

 

Il était tôt, il se fait tard,

Je ne sais pas dit le renard.

 

La tourterelle était joyeuse,

La belle ne l’était pas moins ;

On entendait leur chant de loin

Dessus la route poussiéreuse.

 

Je ne sais plus a dit le loup,

Et moi je ne sais rien du tout.

 

Elles chantaient à l’aventure

Et le printemps faisait les chœurs,

Ce chant chacun le sait par cœur,

Vous comme moi, je vous l’assure.

 

Il était tôt, il se fait tard,

Je ne sais pas dit le renard,

Je ne sais plus a dit le loup,

Et moi je ne sais rien du tout.

 

Savez-vous pour qui chantaient celles

Qui s’en allaient de grand matin ?

On sait bien quand avril s’éteint

Pour qui chantent les demoiselles.

 

Il était tôt, il se fait tard,

Je ne sais pas dit le renard.

 

Lorsque avril meurt et que mai vient

Tourterelles comme pucelles

Chantent pour leurs amours nouvelles

Des chants qui ressemblent au mien.

 

Je ne sais plus a dit le loup,

Et moi je ne sais rien du tout.

 

Mais les voilà déjà passées,

Je regarde un chemin désert,

Leur chant s’éloigne et puis se perd

Et je me perds en mes pensées.

 

Il était tôt, il se fait tard,

Je ne sais pas dit le renard,

Je ne sais plus a dit le loup,

Et moi je ne sais rien du tout.

 

mercredi 25 mars 2026

Amnésie.


M’essaierai-je au jeu de mémoire,

Fourre-tout de vieux rogatons,

Débris du temps et consistoire

De beaux souvenirs en carton ?

Mais à quoi bon

Et pour quelle victoire ?

 

Pour un gros bouquet de chardons,

Pour une abondance d’orties,

Un catalogue d’abandons,

Un registre des avanies,

Quelques pardons

Et tant de comédies ?

 

A Dieu ne plaise et pourquoi donc ?

A d’autres cette fantaisie

Et qu’on me fasse, à moi, le don

De la plus complète amnésie,

De l’abandon

De toute frénésie.

 

samedi 21 mars 2026

La fleur des magnolias.

 

Un printemps aussi beau que l’avenir est sombre,

Quoi de plus naturel ? C’est le soleil et l’ombre.

Pourquoi donc s’acharner à questionner le ciel ?

La fleur des magnolias vous montre l’essentiel.

 

Et comme d’habitude, avec des mots qu’on lie,

On reprend et poursuit sa propre mélodie.

Qui vous contredira ? Mieux vaut parler de fleurs

Plutôt que de chagrins, de guerre et de malheur.

 

Et peut-être d’amour ? N’est-ce pas un passage

Quasiment obligé ? Vous l’attendez, je gage

Mais je n’en dirai rien que ce que vous savez :

Quelquefois partagé, le plus souvent rêvé…

 

Rien n’est compréhensible et c’est pourquoi, sans gloire,

Tous, nous nous racontons sans cesse des histoires.

Quand nous les partageons nous en tirons des lois,

Avec ou sans le titre, il en naît quelque roi.

 

La vanité de l’homme est sa pire folie,

Je n’ajouterai rien à sa mélancolie ;

Dans ce jardin public -que de gens il y a-

J’admire seulement la fleur des magnolias.