samedi 21 mars 2026

La fleur des magnolias.

 

Un printemps aussi beau que l’avenir est sombre,

Quoi de plus naturel ? C’est le soleil et l’ombre.

Pourquoi donc s’acharner à questionner le ciel ?

La fleur des magnolias vous montre l’essentiel.

 

Et comme d’habitude, avec des mots qu’on lie,

On reprend et poursuit sa propre mélodie.

Qui vous contredira ? Mieux vaut parler de fleurs

Plutôt que de chagrins, de guerre et de malheur.

 

Et peut-être d’amour ? N’est-ce pas un passage

Quasiment obligé ? Vous l’attendez, je gage

Mais je n’en dirai rien que ce que vous savez :

Quelquefois partagé, le plus souvent rêvé…

 

Rien n’est compréhensible et c’est pourquoi, sans gloire,

Tous, nous nous racontons sans cesse des histoires.

Quand nous les partageons nous en tirons des lois,

Avec ou sans le titre, il en naît quelque roi.

 

La vanité de l’homme est sa pire folie,

Je n’ajouterai rien à sa mélancolie ;

Dans ce jardin public -que de gens il y a-

J’admire seulement la fleur des magnolias.

 


 


 

mercredi 18 mars 2026

En promenade.

Qu’écrire sinon ce rondeau ?

Je regarde vers la rivière.

Le monde est une poudrière

Et je l’oublie au bord de l’eau.

 

Si j’étais humain comme il faut

Cela vaudrait une prière ;

Qu’écrire sinon ce rondeau ?

 

J’ai connu cet endroit très tôt,

D’un baiser, chose singulière

Car il dure une vie entière,

C’était hier, il faisait aussi beau,

Je regarde vers la rivière,

Qu’écrire sinon ce rondeau ?