Autant la feuille morte
« Automne » dit le vent,
Tout comme ceux devant
A qui plus rien n’importe ;
« Automne » dit le vent,
Autant la feuille morte.
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Autant la feuille morte
« Automne » dit le vent,
Tout comme ceux devant
A qui plus rien n’importe ;
« Automne » dit le vent,
Autant la feuille morte.
Pour une fois, sorti de grand matin,
Où la brume et le froid disent l’automne
Et le vignoble aussi, rouge, or et brun,
Cela faisait longtemps, je m’en étonne.
A grands pas sur la route ou le chemin,
Mais à cette heure il ne passe personne.
Dites, pourquoi ? Je reste sur ma faim.
Une lubie, est-ce que je raisonne ?
Pour s’oublier au détour d’un chardon
Et ses piquants scintillants de rosée,
D’une feuille grenat en l’abandon
De cette vigne aux grappes délaissées.
Pour, comme d’habitude ou comme avant,
Tout admirer et croire qu’on existe
Parce qu’on est, presque au soleil levant,
En promenade et que l’on n’est plus triste.
Sous la pergola plus personne,
Une rose fleurie étonne,
Elles sont rares maintenant
Que le soleil va tâtonnant
Parmi les brumes matinales.
Hier le banc était une escale
Dans l’ombre des après-midis
Mais il fait frais et tout est dit.
Depuis qu’on a passé septembre
Le jardin n’est plus l’antichambre
Claire qu’on préfère au salon
Quand les crépuscules sont longs.
L’écho d’un mot serait un baume,
Ombre, silhouette, fantôme
Dont l’image déjà se perd,
Au silence des lieux déserts.