lundi 19 septembre 2016

Congé.






Que l’averse perdure, octobre m’indiffère !
Je ne fais aucun vœu et pas une prière,
Je n’en ai pas le cœur, ce n’est pas le moment,
Les mots me manqueraient, la piété mêmement
Que voulez-vous, je n’ai pas le cœur à l’ascèse,
Je vois venir l’hiver et méditer me pèse.
Bruinez tout votre soul, Octobre, mon ami,
De brume, de brouillard, de grisaille farci,
Bruinez jusqu’à noyer l’horizon et la ville,
La campagne, les bois et la mer infertile,
La fougère frissonne et je songe à l’hiver,
Givre, glace, verglas, bise, frimas, froidure,
Avec le gel, l’âtre noir des heures obscures…
Mais plus avant je ne veux pas l’envisager,
Octobre, ici, je donne à mon esprit congé.

                               ***                       

dimanche 18 septembre 2016

La Colchique Prophète.






Une bien douce après-midi,
Sur les chemins des bois d’Automne,
Au gré d’un soleil qui m’étonne
Une colchique m’a prédit
Peu de fortune et peu de gloire
Mais de longs jours de liberté,
Je lui répondis enchanté :
« Que le destin l’ait en mémoire !
Et qu’il en soit ainsi demain
Où j’écrirai en souvenance
De ce discours que tu me tins
Pour toi, colchique, cette stance »
Et il est vrai que le destin
A confirmé la fleur d’Automne
Et que j’ai tracé de ma main
Ce poème que je lui donne.

                               ***                                                                

Un Soir en Train.






C’est un crépuscule d’hiver
Sur le brun gris de la campagne,
Un ciel d'un bleu pâle où se perd
Un bois lointain que l’ombre gagne.

Les prés ont conservé leurs verts
Qu’ils ornent d’un galon de givre,
Le chemin serpente désert,
Qu’un souffle de vent froid enivre.

L’eau se fige en reflets glacés,
L’or brille au bout des branches noires...
Sache en ces adieux empressés
Que c’est en l’aube qu’il faut croire

                               ***                      

Tranquillement.






Laisse le temps s’enfuir
Comme fait le nuage,
Qu’importe de tenir,
Rêver parfois est sage.
Laisse le temps passer,
Crois-tu vraiment qu’il compte ?
Plus on se croit pressé
Et plus il faut, sans honte,
Marcher de ce pas lent,
Circonspect et tranquille.
Pour un homme prudent
Les fous se comptent mille
Qui du soir au matin
Vont galoper sans trêve
Sur ce même chemin
Qui mêmement s’achève.

                               ***                   
   

Rumeurs Nocturnes.





Sous une lune qui décroît
Murmure une averse d’automne,
Vague rumeur de toit en toit,
Lente, tranquille et monotone.

Dans le pays d’autres rumeurs
Courent aussi de rue en rue :
Une colère, j’en ai peur,
Insistante et toujours accrue.

Cette nuit de septembre sent
La terre humide et l’herbe sèche,
Un reste de douceur s’étend :
L’automne et l’été sont de mèche.

Sur les places traîne l’écho
Des vengeances aventurières
Où se sont aiguisées les faux
De nos querelles douairières.

La nuit chemine vers demain
Le long d’une averse paisible
Mais les mots ont armé des mains
D’armes au tranchant invisible.

                               ***