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samedi 23 août 2025

Verbal.


 

Mon premier est un vers à soie,

Mon second un verre de vin ;

Lequel cause le plus de joie ?

Demandez-le à vos devins.

Mon troisième est un verre à pied

Qui ne sait pas aller très loin

Mais va sans se faire prier,

Au moins, jusqu’au bistrot du coin.

Mon quatrième, un vert galant,

Aime conter la bagatelle

Soir et matin aux coccinelles

Qui sont prestes quand il est lent,

Mon cinquième, un verrat[1] bien gras,

Altruiste adonné aux truies,

Quand sur l’étal on le verra

Plaira tout autant à autrui,

Et mon dernier est un verbiage

Que je nourris de tous mes maux,

Il en engraisse à chaque page,

C’est vous dire combien il vaut,

Et devinez ce qu’est mon tout,

Je ne suis pas bien sûr qu’on l’aime

Parce qu’il ne tient pas debout,

Mais en tout cas c’est ce poème.



[1] Verrat : n.m., porc mâle destiné à la reproduction.


samedi 12 avril 2025

Un peu de magie ?

 

 

L'Irminsul aux saxons,

C'était un arbre monde,

Camelot aux bretons

Et quoi d'autre à la ronde ?

C'est un point d'interrogation.

 

Circé la magicienne,

Satan prince du mal,

La magie est ancienne,

J'ajoute, machinal,

Excalibur et Durandal.

 

C'est un peu l'alchimie 

De ce soir ennuyeux,

Un peu de fantaisie,

Et peut-être un vœu pieux

Au détour de ma rêverie.

 

Circé: magicienne à laquelle Ulysse sera affronté dans l'Odyssée.

Excalibur: épée magique du roi Arthur.

Durandal: l'épée de Roland qu'il cherchera à briser avant de succomber à Ronceveau 

 

 

mercredi 29 janvier 2025

Sonnet nocturne.


 Illustration créé avec Microsoft Designer IA.

Au milieu de la nuit je voudrais un sonnet,

Quatorze alexandrins en leur longue cadence,

Pour chanter un amour, dire ce que je pense

Ou rire d'autrefois à l'heure où tout se tait.


La rime des quatrains saute jusqu'aux tercets,

Le dernier vers conclue et sa pointe s'élance,

Le sonnet se termine et l'heure qui s'avance,

En s'étonnant un peu, rit de ce qui me plait.


Est-ce l'instant d'avoir ou bien celui d'attendre ?

Le moment de rêver ou celui de comprendre?

Et quelle est cette voix qui m'enjoint de dormir?


Sans doute la Raison, que l'heure tardive aide,

Elle m'a vu bayer et me fait souvenir

Qu'au sommeil qui s'annonce il faut que chacun cède.


Extrait de Sonnets épars - The Book Edition.

mercredi 29 avril 2020

Le salon.



(Réception à Venise de Henri de Valois, roi de Pologne et nouveau roi de France sous le nom de Henri III - 1574.)

Les mots ? Ce sont des noms, quelquefois des prénoms,
Quelqu’un qui peut venir, il suffit qu’on l’appelle,
La page où l’on écrit n’est jamais qu’un salon
Où vont se retrouver ceux que la plume épelle.

Quelques-uns sont simplets, d’autres font des façons,
Certains sont bienveillants, d’autres pleins de cautèle,
J’y vois des assassins, des donneurs de leçons,
Des saints, des paresseux et des remplis de zèle.

Tous n’ont qu’une passion, celle de discuter
Qui les regroupe entre eux et par affinité ;
Ce qu’ils disent, d’abord on ne l’entend qu’à peine,

Leur cercle s’élargit et la ligne noircit,
Chacun parle à son tour, le thème s’éclaircit
Et le sonnet finit lorsque la page est pleine.

                               ***