mardi 3 juillet 2018

L'été languide.




Dans la lumière de midi
Où le vol des mouches bourdonne
Toute réflexion s’affadit
Et la volonté s’abandonne.

Dans le bleu-gris de la chaleur
Où l’horizon lointain s’estompe
Quelque chose rend leur bonheur
A tous les matins qui vous trompent.

Vous voici heureusement las,
Au fond de vous le peu qui veille
Croit deviner ce qu’il fait là
Et sans bouger s’en émerveille.

Rien ne surpasse, rien ne vaut
L’été languide qui s’allonge
Dans l’ombre fraiche des ormeaux
Où s’unissent l’être et le songe,

Comme une escapade, un détour,
La paix qu’on fait avec soi-même
Et cet univers tout autour
Au rythme lent de  ce poème.

                               ***        

lundi 2 juillet 2018

Aveux.




Que me faut-il pour vivre heureux ?
L’horizon à perte de vue
Et puis un grand jardin : c’est peu.
Que me faut-il pour vivre heureux ?

Des jours paisibles comme ceux
Dont mon enfance fut pourvue ;
Sous le ciel gris, sous le ciel bleu,
L’horizon à perte de vue,

Le domaine un peu vaporeux
Des mille saisons entrevues,
La paix qui vous est inconnue
Et puis un grand jardin : c’est peu ;

Un silence aussi généreux
Que les ombres que j’ai perdues,
L’insouciance aux jours lumineux,
Saisons enfuies et revenues,
Le temps cette fois généreux ;
Voilà, dit ma plume ingénue,
A la feuille de mes aveux
Ce qu’il lui faut pour être heureux.

                               ***             
          

mercredi 27 juin 2018

À Magrin (Tarn).



Au jardin, l'althéa, la sauge en majesté,
Et l'or de l'escholtzia, les lavandes fleuries
Et le pourpre profond des roses qui sourient,
Aux matins lumineux, disent assez l'été..
L'ombre épaisse des bois et l'horizon bleuté
Et les grands champs cuivrés et les herbes jaunies,
Les routes qui s'en vont de poussière ternies
Jusqu'au ciel à midi, parlent d'éternité,
Parlent à qui veut bien s'efforcer de l'entendre
-Mais à quoi bon parler à qui ne peut comprendre ?-
D'une attente infinie et d'un temps arrêté.
Dans le bourdonnement affairé des abeilles,
Le contre-point du vent, sans cesse répété,
Je perçois tout l'été des chants qui m'émerveillent. 

                          ***

lundi 25 juin 2018

Va et vient.

De l'été qui revient à l'été qui s'en va
Le temps d'une émotion à peine,
Et des allures de diva
De l'été qui revient à l'été qui s'en va.

L'un qui le commença, l'autre qui l'acheva,
Ce monde que tous deux emmènent
Le temps d'une émotion à peine,
De l'été qui revient à l'été qui s'en va.

                                ***

samedi 23 juin 2018

La dame de compagnie.

À l'heure où s'exhale un parfum
Léger d'herbe sèche et de foin,
Aussi doux qu'il est nostalgique,
Aussi présent, aussi lointain,
Aussi beau, presque aussi magique
Qu'en amour un premier matin,
Assis dans un pré, je regarde
Les feux du couchant qui s'attardent:
Éclat du pourpre que poursuit
Le bleu- vert avant le bleu nuit ;
L'ombre sous les arbres s'avance
Et l'ombre sait à quoi je pense.

Si vous m'aviez accompagné,
Que n'aurais-je pu oublier
Et nous aurions, main dans la main,
Doucement parlé de demain...
Si vous m'aviez accompagné.

                       ***

mercredi 20 juin 2018

La rose rouge.

Petit poème langoureux
Dans une chaleur méridienne
Peuplée d'insectes bienheureux
Qui en zigzaguant vont et viennent,
Amants inconstants et charmants
De fleurs diverses et gracieuses
Dont la Reine, à peine orgueilleuse,
Est la rose couleur de sang.

Bel objet dans cette lumière
De leurs hommages incessants,
Qu'aucun n'emporte ou ne conquière,
Souveraine et si familière,
Rose au velours si caressant,
Voici, l'offrande est singulière,
Les vers que je fis en passant
À la rose couleur de sang.

                        ***

Un nuage dans le ciel.



Un seul nuage dans le ciel 
Un jour d'été bien avant l'heure, 
Comptons le pour péché véniel :
Un seul nuage dans le ciel. 

Douceur et calme immatériels 
Où tant d'autres étés demeurent, 
À peine une pointe de fiel :
Un seul nuage dans le ciel. 

Belles saisons et jours pluriels 
Qu'à peine une ombre effleure ;
Un seul nuage dans le ciel 
Un jour d'été bien avant l'heure. 

***

jeudi 14 juin 2018

Tête à tête.




La lumière était douce au-dessus de la table,
La nuit montait dehors et sans doute il pleuvait,
Je sais pour bavarder des lieux plus agréables,
Puisque vous y étiez celui-là me plaisait.

Il émanait de vous une beauté tranquille,
Des paillettes de rire y brillaient çà et là,
L’heure s’alanguissait aux montres inutiles
Et je vous contemplais en songeant à tout cela.

                               ***