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lundi 31 août 2026

La rose du crépuscule.

 


I.

 

Dans un rêve fait en commun,

C’est, à l’heure du crépuscule,

Une rose au bord du chemin ;

Dans un rêve fait en commun.

 

C’est toujours le même jardin

Où nos amours se dissimulent

Dans un rêve fait en commun

Et à l’heure du crépuscule.

 

II.

 

C’est attendrissant mais enfin

C’est peut-être un peu ridicule

Et le terme du jour atteint

C’est attendrissant mais enfin…

 

Un grand amour, un temps défunt

Et un poème minuscule,

C’est attendrissant mais enfin

C’est peut-être un peu ridicule.

 

III.

 

Le but est-il jamais atteint 

-Car tout amour est funambule- ?

Quand l’âge arrive à ses confins,

Dieu seul sait ce qu’il dissimule

De poussière et conciliabules

Mais ce jour, mon amour, s’éteint

Tu vois, dans un beau crépuscule.

 

vendredi 12 juin 2026

Maintenant la nuit.

 


 

Dernier instant du jour au travers des vieux chênes,

C’est un soir silencieux au bord d’un chemin gris

Où, la main dans la main, nos ombres se promènent

Comme je me souviens l’avoir un jour écrit.

 

Si je rêvais alors ce rêve a survécu,

Alors qu’au fil des ans tous les autres s’effacent

Il demeure inchangé - dois-je dire invaincu ? –

L’amour se moque bien du temps et de l’espace.

 

Vous êtes pour toujours l’horizon de ces mots

Que j’écrivais alors dans l’une ou l’autre lettre ;

C’est le jardin, le parc, l’ancien ou le nouveau,

Ce que nous désirions sans pouvoir le promettre.

 

Dites-moi donc pourquoi j’en parle en solitaire,

Pourquoi faut-il que hier s’étonne d’aujourd’hui ?

Le silence et la paix ont l’odeur de la terre

Et que dire de plus ? Il fait maintenant nuit.

 

jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.