vendredi 9 janvier 2026

Légende.


 

 

Sur mon chemin tombe la neige

Dont les mystères impunis,

Aux bois en l’hiver démunis,

Donnent parure et sortilèges.

La tour en ruine du château

D’un chevalier-brigand pendu

Par le bailli de Haguenau

Est un refuge malvenu

Mais c’est un refuge quand-même

Alors que le jour gris décline.

Dans le vent glacial qui se lève

Est-ce une plainte qu’on devine ?

Ces lieux, dit-on, ne sont pas sûrs,

La route ignore les calvaires

La ville est loin, que puis-je faire ?

Au moins à l’abri de ces murs

J’essaierai d’allumer un feu

Et pour me rassurer un peu

Je chanterai -mais pas trop fort- 

Car je suis un minnesänger,

En France on dirait un « trouvère ».


« En l’hiver quinze cent est mort

Un musicien en ce lieu-ci,

Le cou, comme son luth, brisé,

Priez pour lui vous qui passez. »

Voilà ce que l’on trouve écrit

En ancien gothique allemand,

Mais qu’on lit encor maintenant

Sur une stèle de gré rose

Qui dans cette ruine repose

Tout près d’un chemin forestier.

Au cours d’une balade à pied,

Un jour très froid d’un hiver gris,

J'ai pu lire ce qu’elle dit.

Interrogés, les gens du cru

Ne m’en ont guère plus appris

Ou je ne les ai pas trop crus...

 


mardi 6 janvier 2026

La chanson qui ment.

Au son

D’une chanson

Lasse

Qui passe,

Ses minutes enfuies, toute journée s’efface,

Une autre la poursuit, c’est en suivant sa trace,

Au son

D’une chanson,

Qui ne dira jamais le pourquoi du comment,

Et quand on le croirait c’est bien sûr qu’elle ment,

Au son

D’une chanson,

Flûte et violon,

Tambours et cotillons

Et quand on aimerait que la prochaine dure,

Elle ne dure pas, ce n’est plus qu’un murmure

D’une chanson très lasse

Qu’on reprend à voix basse ;

Passons, laissons,

Tant pis, tant mieux et sans façons.

Et quand elle finit, il faut bien que tout passe,,.

Que la parole manque où le refrain s’efface,

Garces comme garçons,

Clairières et buissons,

La terre nous attend

Au bout de la chanson ;

Il est temps,

Avançons.

 


 

samedi 3 janvier 2026

Conversation de Noël.


 

Un dialogue muet entre deux éphémères :

Le sapin de Noël et cet autre, c’est vous.

Un partage du temps sans paroles amères :

Un dialogue muet entre deux éphémères.

 

Sous-entendus de l’ombre ou bien de la lumière,

Avec tout ce qui luit de reflets par-dessous.

Un dialogue muet entre deux éphémères :

Le sapin de Noël et cet autre, c’est vous.