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dimanche 17 mai 2026

Avril.

 


 

Chaque mois veut une chanson,

Pas une ancienne, une nouvelle !

Moi, je crois qu’une par saison

Suffit mais Avril m’interpelle

Pour me vanter fleurs et bourgeons

Qui, pour lui, sont sous sa tutelle

Et puis, et puis cet horizon

Qui dit, même sans hirondelles,

Dans la rapide succession

Des averses qui s’interpellent

Entre deux bouquets de rayons,

« Qu’Avril » c’est ainsi qu’on épelle

« Printemps » sauf à lui faire un affront.

Quant à ma plume qu’en dit-elle ?

J’ai vu voler deux coccinelles :

Peut-être qu’Avril a raison.

 

samedi 18 avril 2026

Le bal des ombres.

 


 

Une chanson des heures sombres

Pour le grand bal des revenants

Où s’en viennent danser des ombres

Qu’on reconnait en s’étonnant.

 

Promenades et voltes lentes,

La musique s’en vient de loin

Et ces danseurs aux gestes amples

Comme l’assistance, pas moins.

 

Dans cette chanson les visages

S’en reviennent comme un refrain,

Un demi-sourire au passage,

Ces gens manquent un peu d’entrain.

 

Et pourtant la lumière est vive

Et leur jeunesse est à l’honneur

Dans les souvenirs que ravivent

En ma mémoire ces danseurs.

 

Au menuet la révérence,

Le temps d’une valse un regard,

Je sais ce que celle-ci pense

Aussi j’acquiesce : il est bien tard.

 

Et celle-là qui me salue

Dans sa robe d’obscurité

Songe-t-elle à ces heures nues

Sous les étoiles de l’été ?

 

A son léger signe de tête

Je reconnais ce cavalier,

Pour lui, puisque mes jours s’entêtent,

Je prie encore volontiers.

 

Sur un seul rang les cavalières

Ont fait face à leurs cavaliers,

Cette figure est la dernière

D’adieux à nul autre confiés.

 

La chanson arrive à son terme

Comme ce bal dont aujourd’hui

La porte ouverte se referme

Sur le silence de la nuit.

 

jeudi 12 février 2026

Un soir de février.

 

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive,

Chantez-les à votre façon ;

Ce sont quelques vieilles chansons.


Qui oserait dire : « Pressons,

On nous attend sur l’autre rive » ?

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive.

 

                        ***

 

Il était un jardin,

Il était une rose,

Parler demeure vain,

L’amour est peu de chose.

Si triste dans sa fin,

On n’en sait pas la cause,

L’amour est peu de chose,

Parler demeure vain.

 

L’amour s’en va, l’amour s’en vient,

La danse est affaire de poses,

Toujours encore et déjà rien,

C’est affaire de glose.

 

                        ***

 

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent,

Que sont ces visages sans traits ?

Le brouillard couvre le marais.

 

Quatre saisons pour quels attraits ?

On n’en conserve aucune trace.

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent.

 

                        ***