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(Château de Galiot de Genouillac à Assier - Lot.) |
I.
Ô Connétable de Bourbon,
Vous qui fûtes si vaillant homme,
De grand lignage et bon renom,
Qu’alliez-vous faire devant Rome,
Ô Connétable de Bourbon ?
D’où vous venait donc cette rage,
Après avoir trahi le Roi,
D’aller pour augmenter l’outrage,
Trahir l’Église de surcroît ;
D’où vous venait donc cette rage ?
Où l’on vous avait promis l’or
Du plomb seul fût votre salaire
Et l’artisan de votre mort ;
Il finit l’aventure amère
Où l’on vous avait promis l’or.
Quels gages pour vos bons services
Vous eût-il payé l’Empereur ?
Au lieu où l’on punit le vice
Ils n’ont plus cours et sans erreur
D’autres payeront vos services !
II.
Tais-toi, vilain, je te conchie !
Ma devise était « Espérance »
Et j’ai vécu sans vilenie
Mais non le roi François de France ;
Tais-toi, vilain, je te conchie !
Je fus son féal serviteur
Et je le servis sans partage
Mais il ourdissait mon malheur
Et me vola mon héritage ;
Je fus son féal serviteur.
Rome, oui-da, je le regrette
Mais alors tout était fini
Et j’avais la mort seule en tête,
Dieu n’était pas mon ennemi ;
Rome, oui-da, je le regrette.
Vilain va rejoindre ton Roi
Et dis-lui que bonne fortune
Le cède toujours à bon droit
Quand arrive l’heure opportune ;
Vilain va rejoindre ton Roi !
Ici, délivré de misère,
Charles, comte de Montpensier,
A meilleur séjour que sur terre,
Il y attend qui l’a renié ;
Ici, délivré de misère.
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