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vendredi 9 janvier 2026

Légende.


 

 

Sur mon chemin tombe la neige

Dont les mystères impunis,

Aux bois en l’hiver démunis,

Donnent parure et sortilèges.

La tour en ruine du château

D’un chevalier-brigand pendu

Par le bailli de Haguenau

Est un refuge malvenu

Mais c’est un refuge quand-même

Alors que le jour gris décline.

Dans le vent glacial qui se lève

Est-ce une plainte qu’on devine ?

Ces lieux, dit-on, ne sont pas sûrs,

La route ignore les calvaires

La ville est loin, que puis-je faire ?

Au moins à l’abri de ces murs

J’essaierai d’allumer un feu

Et pour me rassurer un peu

Je chanterai -mais pas trop fort- 

Car je suis un minnesänger,

En France on dirait un « trouvère ».


« En l’hiver quinze cent est mort

Un musicien en ce lieu-ci,

Le cou, comme son luth, brisé,

Priez pour lui vous qui passez. »

Voilà ce que l’on trouve écrit

En ancien gothique allemand,

Mais qu’on lit encor maintenant

Sur une stèle de gré rose

Qui dans cette ruine repose

Tout près d’un chemin forestier.

Au cours d’une balade à pied,

Un jour très froid d’un hiver gris,

J'ai pu lire ce qu’elle dit.

Interrogés, les gens du cru

Ne m’en ont guère plus appris

Ou je ne les ai pas trop crus...

 


samedi 12 avril 2025

Un peu de magie ?

 

 

L'Irminsul aux saxons,

C'était un arbre monde,

Camelot aux bretons

Et quoi d'autre à la ronde ?

C'est un point d'interrogation.

 

Circé la magicienne,

Satan prince du mal,

La magie est ancienne,

J'ajoute, machinal,

Excalibur et Durandal.

 

C'est un peu l'alchimie 

De ce soir ennuyeux,

Un peu de fantaisie,

Et peut-être un vœu pieux

Au détour de ma rêverie.

 

Circé: magicienne à laquelle Ulysse sera affronté dans l'Odyssée.

Excalibur: épée magique du roi Arthur.

Durandal: l'épée de Roland qu'il cherchera à briser avant de succomber à Ronceveau 

 

 

lundi 10 juillet 2017

La nuit, la vraie...





Voulez-vous connaître la nuit, la nuit
D’antan que nulle ville n’édulcore,
Voir les champs bleus sous la lune qui luit
Où l’enchanteur cueille la mandragore ?
Voulez-vous suivre le chemin d’argent
Qui tourne et tourne en rond jusqu’à l’aurore ?
Voulez-vous entendre au lointain du vent
Le chant triste et rempli d’amour encore
De la Belle à demi femme et serpent ?
Et voulez-vous apercevoir les fées
Effleurant à peine les gris arpents
D’un pré brillant de perles de rosée
Où court leur ronde légère et sans fin ?
Dites, voulez-vous connaître la nuit ?

Alors que l’on m’entende et qu’on se lève !
Venez, je ne suis pas un aigrefin,
Venez, ai-je l’air de n’être qu’un rêve ?
Bien sûr, il y a l’ogre et le géant,
Les feux-follets et puis l’Homme Sauvage,
Le calvaire…Et que pensiez-vous,  céans,
Que vous puissiez rencontrer au passage 
Sinon le silencieux cavalier noir
Qui vous prend toujours volontiers en croupe ?
Vous irez vite où ni matins ni soirs
Ne comptent plus : à la flamme, l’étoupe !
Allons, voulez-vous connaître la nuit ?

Mais non, mais non, pas la vôtre, la vraie,
Celle de l’ombre du meneur de loups,
La nuit de la chouette et de l’orfraie,
Celle d’ici, celle qui vaut dessous ?
Venez, venez, suivez la Dame Blanche
Et trouvez le trésor du souterrain
Mais avant l’aube ou gare à sa revanche :
Vous y mourrez de peine et de chagrin.
Alors, voulez-vous connaître la nuit ?

Acquiescez seulement, je vous conduis. 
Nul ne répond. Faut-il bien que j'attende ?
J’ai beau me répéter, nul ne me suit ;
Se pourrait-il que pas un ne m’entende ?
Bon voici l’aube, il est temps, je m’enfuis.

Mettre une odeur de souffre à la demande…

                               ***        

mardi 10 mai 2016

La Couleuvre D'Or.







Il dort
Au fond de moi
Une couleuvre d’or
Ignorante des lois,
Un serpent
Débonnaire
Aux yeux d’argent,
Aussi patient
Que je suis éphémère,
Aussi vieux
Que le bois, le nuage et la terre,
Aussi joyeux
Que la Mort est amère…

                               ***                 

     

vendredi 4 mars 2016

Le Soliloque Grognon.





Il n’y a plus grand-chose à raconter
En ces beaux jours d’un monde si moderne ;
Toutes les mines sont propriété
De la finance, au fond de leurs cavernes
Les pauvres nains sont morts de faim,
Quant aux dragons, plus aucun ne s’envole
De peur de percuter, même aux confins
Du ciel, la ferraille qui caracole
Dans tous les sens au-dessus de nos toits.
Tous les enfants croient qu’une « bonne fée »
Est une ménagère agile à en rester pantois,
Agile et plus ou moins bien attifée,
Que les trésors sont tous chez les banquiers
Et qu’un palais ressemble à l’Elysée.
Aucun ne sait ce qu’est un chevalier,
Les princesses sont métamorphosées
En chanteuses ou pire quelquefois,
On abat les forêts, les châteaux se visitent
Et si vous parlez d’hommage et de foi
Eh bien, c’est la cuisine qui s’invite :
Les plus doués penseront au pâté.
Le prospectus devient littérature,
Après quoi, devant tant de forfaitures,
Que voulez-vous qu’on ait à raconter ?

                  ***