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mercredi 5 novembre 2025

Début et fin.


 

Tilleuls d’orfèvrerie et dorés à la feuille,

Araucarias grenat, rubescence d’érables

Dispensent sans compter leurs trésors périssables

Au soleil d’un matin qu’un soir mauvais endeuille.

 

Et l’aube que salue un vague lendemain

N’est plus que d’arbres noirs, de tristesse et de deuil

Auxquels tout rimailleur pourtant fait bon accueil

Tout comme je le fais et signe de ma main.

 

Les marronniers des quais ont perdu leurs tons fauves,

Les cieux sont d’un lavis de gris, comme la vie,

Déjà la pluie en ville au bout des jours s’ennuie,

Le vent aussi. Les marronniers des quais sont chauves.

 

L’automne en ritournelle aux accents de saison

Imprègne tant soit peu les poèmes qu’on faits

Nostalgiques, bien sûr ; ce n’est pas sans raison

Et à bien réfléchir, c’est du meilleur effet.

 

vendredi 26 septembre 2025

Les papillons.


Cent pas plus cent en font deux cents

Et deux cents pas du tourne-en-rond

Entre les deux fenêtres grises,

La mauvaise saison est de mise ;

Où sont passés les papillons ?

 

Ce qu’il pensait a pris la teinte

Des semelles de ses souliers,

Les toits qui l’ont pris en pitié

Ont des tuiles en demi-teinte ;

Et bien sûr aucun papillon.

 

La sirène aux lèvres de sainte

Donne son cœur en apparence

Et des baisers au goût d’absinthe,

Au court été de sa présence.

Pourquoi parler de papillons ?

 

Amour d’antan, ciel en haillons,

Les jours ont un goût de poussière

Et les mots n’ont plus de bâillon ;

S’il pouvait, il en serait fier :

Il n’y a plus de papillons.

 

mercredi 3 septembre 2025

Quelle réponse.

 
 
  

Que me chanterez-vous à la vieille saison

Où les feuilles s’en vont où le vent tourbillonne ?

Que me chanterez-vous entre braise et tisons

Pour rompre aux soirs profonds les silences d’automne ?

 

Les roses du jardin, les champs de la moisson ?

Et ces verts potagers où le melon bedonne ?

En de trop courtes nuits, ces émois à foison

Où le présent au rêve un moment s’abandonne ?

 

Il pleut sur tous les vers des poètes anciens,

Avant tout songe-creux et souvent girouettes,

Mais jamais il ne plut comme il pleut sur les miens

Pendant que de ma main j’écris cette bluette.

 

Ces grands chênes dehors, pour qui gémissent-ils ?

Vous ne me dites rien et le soir est si proche…

Le refrain du grand vent c’est un refrain d’exil ;

Que me chanterez-vous si ce n’est un reproche ?

 

samedi 23 janvier 2021

Un crépuscule de janvier.

 

 

Sur les toits du crépuscule

Il y a des reflets d’hiver,

Y dorment des pigeons crédules

Dont les rêves sont très divers.

 

S’étiolent nos jardinières

Dans la pénombre des balcons,

Ces jours de pauvre lumière

Achèvent de donner le ton.

 

C’est l’atmosphère banale

De janvier dans son quotidien

Dessus la ville hivernale,

Humide et froide qui convient.

 

Il pousse des parapluies

Sur la grisaille des trottoirs

Où rêvent à l’heure enfuie

Loin, les vagues lueurs du soir.

 

                               ***