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vendredi 9 janvier 2026

Légende.


 

 

Sur mon chemin tombe la neige

Dont les mystères impunis,

Aux bois en l’hiver démunis,

Donnent parure et sortilèges.

La tour en ruine du château

D’un chevalier-brigand pendu

Par le bailli de Haguenau

Est un refuge malvenu

Mais c’est un refuge quand-même

Alors que le jour gris décline.

Dans le vent glacial qui se lève

Est-ce une plainte qu’on devine ?

Ces lieux, dit-on, ne sont pas sûrs,

La route ignore les calvaires

La ville est loin, que puis-je faire ?

Au moins à l’abri de ces murs

J’essaierai d’allumer un feu

Et pour me rassurer un peu

Je chanterai -mais pas trop fort- 

Car je suis un minnesänger,

En France on dirait un « trouvère ».


« En l’hiver quinze cent est mort

Un musicien en ce lieu-ci,

Le cou, comme son luth, brisé,

Priez pour lui vous qui passez. »

Voilà ce que l’on trouve écrit

En ancien gothique allemand,

Mais qu’on lit encor maintenant

Sur une stèle de gré rose

Qui dans cette ruine repose

Tout près d’un chemin forestier.

Au cours d’une balade à pied,

Un jour très froid d’un hiver gris,

J'ai pu lire ce qu’elle dit.

Interrogés, les gens du cru

Ne m’en ont guère plus appris

Ou je ne les ai pas trop crus...

 


mardi 7 janvier 2025

Trois flocons.

 

Trois flocons par ci, trois flocons par là,

Encore l'hiver, toujours et déjà.


L'hiver les nuits ont un manteau d'hermine

Sous un capuchon noir fait d'astrakan,

Elles s'en vont toujours hautaines quant

Au maintien, la prestance et la mine.


Trois flocons par ci, trois flocons par là,

Encore l'hiver, toujours et déjà.

 

Elles s'en vont en longue procession,

Au pas guindé d'une allure tranquille,

En exhibant des bijoux qui rutilent 

Et de givre et de gel et d'ambition.


Trois flocons par ci, trois flocons par là,

Encore l'hiver, toujours et déjà.

 

Elles s'en vont, figures solennelles,

Aux traits figés, au pouvoir silencieux,

Prendre enfin possession du moindre lieu,

De la grand-place à l'étroite ruelle.


Trois flocons par ci, trois flocons par là,

Encore l'hiver, toujours et déjà.

 

Et les maisons sous leurs bonnets pentus,

En se pelotonnant comme elles peuvent, 

Pauvres et maintenant tristes et veuves

Craignent de vivre en ce monde inconnu.


Trois flocons par ci, trois flocons par là,

Encore l'hiver, toujours et déjà.

 

vendredi 29 janvier 2021

Valse lente.

 

 


 

La valse lente des flocons

Se disperse dessus l’écluse

Et disparaît dessous le pont,

La valse lente des flocons.

 

Les canaux en toile de fond

Ce soir où les ombres s’accusent,

La valse lente des flocons

Se disperse dessus l’écluse.

 

Et l’hiver s’égrène à foison

Sur cette eau dormante où s’accuse

Le reflet terne des frontons

Altiers que malgré tout amuse

La valse lente des flocons.

 

                               ***

samedi 23 janvier 2021

Un crépuscule de janvier.

 

 

Sur les toits du crépuscule

Il y a des reflets d’hiver,

Y dorment des pigeons crédules

Dont les rêves sont très divers.

 

S’étiolent nos jardinières

Dans la pénombre des balcons,

Ces jours de pauvre lumière

Achèvent de donner le ton.

 

C’est l’atmosphère banale

De janvier dans son quotidien

Dessus la ville hivernale,

Humide et froide qui convient.

 

Il pousse des parapluies

Sur la grisaille des trottoirs

Où rêvent à l’heure enfuie

Loin, les vagues lueurs du soir.

 

                               ***