mercredi 4 octobre 2017

Présage ?



(Le Scharrachberg - Alsace.)
Qui ne sent en son corps
Venir les jours d’Automne ?
En parlerai-je encor :
Qui ne sent en son corps ?

A l’heure où la vigne s’endort,
Où la campagne s’abandonne,
Bercée d’une lumière d’or,
J’entends comme un glas qui résonne
Mais qui dit « glas » parle de mort
Et de ce que l’on abandonne…

Me donnerez-vous tort
Pour l’écho que j’en donne ?
Qui ne sent en son corps
Venir les jours d’Automne ?

                               ***

dimanche 1 octobre 2017

Le train du crépuscule.



(Cité du Train - Mulhouse - Alsace.)

En quittant le quai de la gare
Ce train fait plus que l’emmener
Et la peine qui s’en empare
Redit le mot « abandonner ».

Oui, cette ville qui s’efface
Et ce paysage qui fuit
Vont sans laisser aucune trace
S’abolir dans l’instant qui suit.

Nos habitudes sont mortelles
Et nos points de repère aussi,
Nos certitudes naissent telles
Qu’elles n’ont de valeur « qu’ici ».

Quant à ce train du crépuscule,
On ne choisit pas d’y monter
A cette heure où le jour bascule
Avec lui dans l’obscurité.

                               ***

jeudi 28 septembre 2017

Histoire de fou.





J’aimerais retourner chez moi,
Retrouver le chemin du bois
Et de cette plaine fertile
Où j’avais un si bel asile.
Sans doute ses murs étaient hauts
Mais ils m’assuraient le repos,
Maintenant je bas la campagne,
Quatre horizons bornent mon bagne.
Pour avoir un jour accepté
De croire que la liberté
N’existait pas en mes murailles,
J’ai donné l’or et pris la paille,
Pris la route et perdu mon toit ;
J’aimerais retourner chez moi.

                               ***

mercredi 27 septembre 2017

Orphée.





Champs opulents, forêts ombreuses,
Avez-vous oublié mes vers ?
Rus scintillants, routes poudreuses,
Champs opulents, forêts ombreuses ?

Rosée, ô perles du matin,
Torque d’or en feuilles d’automne,
Ruisseaux au murmure argentin,
Brume de nacre monotone,
Et toi, jour aux deux joyaux pers
Taillés d’aube ou de crépuscule,
Voûte sombre de l’univers
Où les gemmes se dissimulent,
Avez-vous oublié mes vers ?

Avez-vous oublié mes vers,
Marguerite, juge d’Amour,
Muguet, carillon de Fortune,
Roses d’antan aux parfums lourds,
Oliviers d’argent sous la lune,
Embruns étincelants dans l’air
Sur les vagues aventureuses,
Ambre fidèle que la mer
Réserve aux seules amoureuses ?

Chêne puissant, frêle scabieuse,
Leur écho résonne et se perd,
Champs opulents, forêts ombreuses,
Avez-vous oublié mes vers ?

                               ***

mardi 26 septembre 2017

Frisson.





Je ne sais pas pourquoi cet hiver là me glace
- Est-ce le vent qui mord et le vent qui harasse ? –
Quand je lève les yeux je ne vois qu’un ciel gris ;
La nuit tombe déjà sur les mots que j’écris.
Au long des avenues la foule m’indiffère
Où chacun se mélange et reste solitaire;
Un troupeau de moutons est parfois plus humain
Que ce fleuve sans bords, d’ombres sans lendemains,
Que cet océan triste et ses vagues inquiètes
Qui sans cesse poursuit son inutile quête.
Que de mois ont passé sur leurs étés lointains,
Le soleil s’est voilé dessus leurs murs hautains
Et je ne sais que trop pourquoi mon vers frissonne
Dans ce jour affadi qui pâlit et s’étonne.

                               ***