Affichage des articles dont le libellé est saison. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est saison. Afficher tous les articles

lundi 9 mars 2026

Arrêtez-vous un peu.

C’est vrai, le citharède aveugle empreint

Du sentiment de la nécessité

A repris son bâton de pèlerin ;

Il s’est remis en route pour chanter

Les chants des carrefours et des saisons.

Je ne sais pas s’il a tort ou raison.

 

Son chant emprunte au bruissement des chênes,

A la voix du ruisseau dans la clairière,

Aux champs de blé murmurant dans la plaine,

Un peu, je crois, à d’anciennes prières,

A l’amour d’autrefois toujours pérenne

Comme à la liberté que rien n’enchaîne.

 

Et si demain vous deviez le croiser,

Arrêtez-vous un peu pour mieux l’entendre ;

Les souvenirs sont un plaisir aisé,

Qui sait ce qu’on peut en attendre ?

 


 

vendredi 26 septembre 2025

Les papillons.


Cent pas plus cent en font deux cents

Et deux cents pas du tourne-en-rond

Entre les deux fenêtres grises,

La mauvaise saison est de mise ;

Où sont passés les papillons ?

 

Ce qu’il pensait a pris la teinte

Des semelles de ses souliers,

Les toits qui l’ont pris en pitié

Ont des tuiles en demi-teinte ;

Et bien sûr aucun papillon.

 

La sirène aux lèvres de sainte

Donne son cœur en apparence

Et des baisers au goût d’absinthe,

Au court été de sa présence.

Pourquoi parler de papillons ?

 

Amour d’antan, ciel en haillons,

Les jours ont un goût de poussière

Et les mots n’ont plus de bâillon ;

S’il pouvait, il en serait fier :

Il n’y a plus de papillons.

 

mercredi 3 septembre 2025

Quelle réponse.

 
 
  

Que me chanterez-vous à la vieille saison

Où les feuilles s’en vont où le vent tourbillonne ?

Que me chanterez-vous entre braise et tisons

Pour rompre aux soirs profonds les silences d’automne ?

 

Les roses du jardin, les champs de la moisson ?

Et ces verts potagers où le melon bedonne ?

En de trop courtes nuits, ces émois à foison

Où le présent au rêve un moment s’abandonne ?

 

Il pleut sur tous les vers des poètes anciens,

Avant tout songe-creux et souvent girouettes,

Mais jamais il ne plut comme il pleut sur les miens

Pendant que de ma main j’écris cette bluette.

 

Ces grands chênes dehors, pour qui gémissent-ils ?

Vous ne me dites rien et le soir est si proche…

Le refrain du grand vent c’est un refrain d’exil ;

Que me chanterez-vous si ce n’est un reproche ?

 

jeudi 12 décembre 2024

Le thé de cinq heures.


 

Décembre où les jours flétris rapetissent

Jusqu'à faner déjà l'après-midi

Avant même que la pendule ait dit

Cinq heures ! S'il vous plaît, qu'on en finisse !


Je noie au fond d'une tasse de thé,

Dieu sait pourquoi à moitié refroidie,

Le pain amer de la mélancolie

Que j'ai saupoudré de contrariétés,


De confusion comme de mésententes,

D'ennui, d'incidents variés et d'attente,

Assaisonnés d'une once de colère

Pour que cela me tienne un peu au corps:

Je fais avec la saison et le sort;

Trop peu ? D'accord mais la vie est si chère !


Je lève haut ma tasse, à la santé

Des jours meilleurs, des phacochères,

Des pucerons, pas de mes congénères,

Et de l'Hiver qui s'en va débuter

Avec, c'est cela seul à quoi je songe,

Des jours tristes c'est vrai, mais qui rallongent !


dimanche 8 décembre 2019

Celles à venir.




Branches parmi les troncs et rameaux et brindilles,
Nudité, canevas, c’est comme il vous plaira,
Afin que le saphir et l’émeraude y brille,
La trame du tissus qu’un Printemps tissera.

Sous l’ardoise du ciel où l’Hiver s’effiloche,
La dentelle d’un deuil, rien de plus pour l’instant,
Pour grise qu’elle soit, sur la toile du temps,
Un camaïeu de bruns de la rouille à la roche,

Et l’ombre de Décembre où les matins fléchissent
Tôt vers le crépuscule et la tranquillité,
Projets élaborés, patience à pas comptés,
Heures d’entre les murs, uniformes et lisses ;

Celles qui disent peu prédisent encor moins,
Langueur de toute absence à tout repos propice
Et celles à venir qui cependant s’immiscent
Dans le vague dessin des grands arbres au loin…

                               ***