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vendredi 26 septembre 2025

Les papillons.


Cent pas plus cent en font deux cents

Et deux cents pas du tourne-en-rond

Entre les deux fenêtres grises,

La mauvaise saison est de mise ;

Où sont passés les papillons ?

 

Ce qu’il pensait a pris la teinte

Des semelles de ses souliers,

Les toits qui l’ont pris en pitié

Ont des tuiles en demi-teinte ;

Et bien sûr aucun papillon.

 

La sirène aux lèvres de sainte

Donne son cœur en apparence

Et des baisers au goût d’absinthe,

Au court été de sa présence.

Pourquoi parler de papillons ?

 

Amour d’antan, ciel en haillons,

Les jours ont un goût de poussière

Et les mots n’ont plus de bâillon ;

S’il pouvait, il en serait fier :

Il n’y a plus de papillons.

 

mercredi 3 septembre 2025

Quelle réponse.

 
 
  

Que me chanterez-vous à la vieille saison

Où les feuilles s’en vont où le vent tourbillonne ?

Que me chanterez-vous entre braise et tisons

Pour rompre aux soirs profonds les silences d’automne ?

 

Les roses du jardin, les champs de la moisson ?

Et ces verts potagers où le melon bedonne ?

En de trop courtes nuits, ces émois à foison

Où le présent au rêve un moment s’abandonne ?

 

Il pleut sur tous les vers des poètes anciens,

Avant tout songe-creux et souvent girouettes,

Mais jamais il ne plut comme il pleut sur les miens

Pendant que de ma main j’écris cette bluette.

 

Ces grands chênes dehors, pour qui gémissent-ils ?

Vous ne me dites rien et le soir est si proche…

Le refrain du grand vent c’est un refrain d’exil ;

Que me chanterez-vous si ce n’est un reproche ?

 

jeudi 12 décembre 2024

Le thé de cinq heures.


 

Décembre où les jours flétris rapetissent

Jusqu'à faner déjà l'après-midi

Avant même que la pendule ait dit

Cinq heures ! S'il vous plaît, qu'on en finisse !


Je noie au fond d'une tasse de thé,

Dieu sait pourquoi à moitié refroidie,

Le pain amer de la mélancolie

Que j'ai saupoudré de contrariétés,


De confusion comme de mésententes,

D'ennui, d'incidents variés et d'attente,

Assaisonnés d'une once de colère

Pour que cela me tienne un peu au corps:

Je fais avec la saison et le sort;

Trop peu ? D'accord mais la vie est si chère !


Je lève haut ma tasse, à la santé

Des jours meilleurs, des phacochères,

Des pucerons, pas de mes congénères,

Et de l'Hiver qui s'en va débuter

Avec, c'est cela seul à quoi je songe,

Des jours tristes c'est vrai, mais qui rallongent !


dimanche 8 décembre 2019

Celles à venir.




Branches parmi les troncs et rameaux et brindilles,
Nudité, canevas, c’est comme il vous plaira,
Afin que le saphir et l’émeraude y brille,
La trame du tissus qu’un Printemps tissera.

Sous l’ardoise du ciel où l’Hiver s’effiloche,
La dentelle d’un deuil, rien de plus pour l’instant,
Pour grise qu’elle soit, sur la toile du temps,
Un camaïeu de bruns de la rouille à la roche,

Et l’ombre de Décembre où les matins fléchissent
Tôt vers le crépuscule et la tranquillité,
Projets élaborés, patience à pas comptés,
Heures d’entre les murs, uniformes et lisses ;

Celles qui disent peu prédisent encor moins,
Langueur de toute absence à tout repos propice
Et celles à venir qui cependant s’immiscent
Dans le vague dessin des grands arbres au loin…

                               ***

mardi 19 novembre 2019

Au bout de la rue.




Tout au bout de la rue
Où les feuillages roux
Guettent la survenue
Rêvée du prochain coup
De vent pour qu’après tout
Ne soit que branches nues,

Là-bas où les vieux toits
Croissent sur le ciel sombre,
Plus ou moins de guingois,
Et s’entrecoupent d’ombre,
De cheminées sans nombre,
Aux greniers d’autrefois,

Dans cette aube lointaine
Et qui renaît si tard,
De lueurs incertaines
Et de bancs de brouillard,
Au-delà du regard,
Presque un présage à peine,

Maintenant je ressens,
Je perçois sa venue,
Il ne m’est plus absent :
Sa course retenue,
L’hiver monte à pas lent
Tout au bout de la rue.

                               ***