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mardi 11 mars 2025

Un tour de manège.


 Le monde tourne, tourne en rond,

C'est toujours le même manège,

Des tout petits aux cheveux blonds

Aux vieillards à barbe de neige.

 

Le ciel est bleu, le ciel est gris,

De la soie on passe à la boue,

On regarde tourner la roue

De la Fortune; on pleure, on rit.

 

Le manège tourne toujours

Au son de la même musique,

On vit, on meurt; chacun son tour,

Chacun  pareil, chacun unique,

 

De bien à mieux, de mal en pis,

Toujours la même trajectoire,

En majuscule c'est l'Histoire

Qui tourne, tourne sans répit.

 

vendredi 6 décembre 2024

Sauter le pas.


 Les beautés de l'automne ont à sauter le pas,

C'est par dessus l'ornière et les flaques de boue.

Étrange! Un vent d'autan caresse encor ma joue;

L'absence a des douceurs qui nous sont un appât.


Qu'il ne soit plus question de tout ce qui chemine,

A la peine, oui mais, libre de mouvement;

Des orages non plus et pas même du vent,

Ce vieux menteur si cher aux âmes pèlerines.


Savez-vous un rempart que rien ne désagrège?

Vous trouverez des mots qui fissurent la nuit.

Qui voudrait en chercher et venir où je suis?

Si demain doit renaître, il se pourrait qu'il neige.


Il faut sauter le pas et le saute qui peut.

Qui ne le pourra pas, par malheur, qu'il demeure

Où, quelque soit son titre, on demeure bien peu.

Qui donc choisit

                        Celui qui rit ?

                                            Celui qui pleure ?

                                                                       Celui qui vit ?

                                                                                            Celui qui meurt ?

mardi 22 janvier 2019

En raccourci.




I.

Partout les bois changent de teinte
Et le foin sèche dans les champs,
Une heure de douceur empreinte
Annonce déjà le couchant.

En égrenant quatre semaines
Comme les jours ont raccourci,
L’été que le mois d’août entraîne
Demeure un instant indécis.

Une heure où tout semble possible
S’attarde le long des chemins,
Un bref instant doux et paisible
Entre un début et une fin.

II.

Oui, qui finit qu’il recommence
Mais lorsque j’écrivis ceci
Était-ce vraiment une chance ?
Ce n’était guère mon souci.

Les fins d’été sont toujours belles,
Le monde et moi avons changé,
Envions peut-être l’hirondelle
Qui sait le temps où déloger…

J’écris pour compléter ces lignes,
Je suis toujours au même endroit,
Bien entendu je m’y résigne
Car c’est le dernier de mes droits.

                               ***        

jeudi 11 octobre 2018

Le gravillon.




La plume est un faible levier
Pour infléchir le cours du monde ;
Trois mots sur un bout de papier,
Un gravillon dans une fronde
Ne le feront jamais plier.

Je demande qu’on me pardonne
Si sachant cela je poursuis,
Si malgré tout je « gravillonne »
Sans trop savoir où me conduit
Une chanson que je fredonne.

                               ***

jeudi 23 août 2018

Marcher.




Vous alliez de l’avant, la marche jamais lasse,
Et vous vous retrouvez tout au fond d’une impasse ;
Que reste-t-il à faire ? Eh bien un demi-tour !
Vous ne voudriez pas achever vos beaux jours
Au fond d’un cul-de-sac ! Et que ce soit pénible,
Et que ce soit injuste et incompréhensible,
Nous en tombons d’accord et puis que dire après ?
L’erreur est constatée, à quoi bon le regret ?
La nuit est envoûtante et les aubes sont belles,
Vous allez quelque part où quelqu’un vous appelle,
Vous ne savez pourquoi, vous ne savez pas qui,
Vous savez qu’il le faut et que c’est bien ainsi.
La route précédente était loin de la bonne
Et la saison s’avance et vous voyez l’automne ?
Là-bas au bord du monde il est un horizon
Et vous allez marcher et vous avez raison.

                               ***