lundi 20 février 2017

Paradoxes.



(Château de Chenonceaux.)


Les hommes sont ainsi, rêveurs impénitents,
Bravaches, inconstants et bavards tout autant.
Tout désir est un piège et toute amour est folle,
Le hasard et surtout la raison me désolent.

Il est toujours du faux en toute vérité,
De l’asservissement en toute liberté,
De la légèreté dedans toute infortune ;
De la fidélité dans nos amours ? Aucune.

Il est bien du modeste en toute vanité,
Ainsi qu’il est du sage en toute insanité,
Cependant dans la paix il n’est point de colère,
Rien de grand dans la mort, rien de beau dans la guerre,

Rien de juste non plus dans le cours du destin,
Rien de stable, jamais, dans tout ce qu’on atteint,
Quelque pomme qu’on croque elle est toujours amère ;
Les hommes sont ainsi mais ils sont éphémères.

                               ***

dimanche 19 février 2017

Un Mot d'Amour.





Peu de choses pour nous et pourtant l’univers,
Guère d’argent, bien sûr, mais le monde et mes vers
Pour redire l’espoir, l’amour et le courage,
L’autrefois oublié, le présent de passage
Et ce qui nous unit et ce qui nous partage
Et ce qui nous libère et ce qui nous engage,
Ce qui demeure ferme et non ce qui se perd,
De l’été de notre âge à son plus bel hiver.

                               ***

Parfois.





Il m’arrive parfois de rêver de Venise
A l’heure où ses palais, ses ponts et ses églises
Se distinguent à peine au milieu de la nuit
Et qu’au bord des canaux aucun reflet ne luit.

Il m’arrive parfois de rêver de galères
Sortant de l’Arsenal et battant pavillon
De la Sérénissime où rugit un vieux lion,
Au temps où les marchands savaient faire la guerre.

Il m’arrive parfois de me revoir aussi
Sur la place Saint-Marc, il y a des années
-Mon amour d’autrefois que faites-vous ici,
Souvenir douloureux, espérance fanée ?-

Il m’arrive parfois d’imaginer le jour
Où, le long des canaux, après ce long détour,
Je serai de nouveau celui que tout étonne,
L’amant émerveillé que Venise se donne.

                               ***        

Au Crépuscule.





Ce n’est pas encor le moment,
L’heure des réverbères
Mais c’est l’ombre que les amants,
Par-dessus tout préfèrent.
L’ombre si pleine de douceur,
L’ombre crépusculaire,
L’ombre grise et sans épaisseur
Et l’espoir pour salaire.

                               ***

vendredi 17 février 2017

Souvenir Hivernal.





A table ce soir là, j’avais mis ton couvert,
Disposé quelques fleurs, ouvert une bouteille,
Je souhaitais que rien ne se mette en travers
Des souvenirs heureux qu’un tel dîner éveille.

C’était un soir d’hiver où la neige tombait
Lente sur les pavés et devant les fenêtres,
Dans nos verres le vin doucement reflétait
La chaleur de la table où tu ne pouvais être.

Que de jours effacés et que de bons moments !
Pour un vague incident, pour de sottes paroles,
Nous nous sommes fâchés, fâchés stupidement.

Nous étions en été, comme les jours s’envolent,
Je ne les compte plus mais ce soir seul vraiment,
Je contemple la neige et la nuit me désole.

                               ***