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jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.

 

dimanche 12 janvier 2020

Variations crépusculaires.



(Strasbourg - Les Ponts-Couverts.)

A l’heure où le jour se défait
On peut me voir le long des quais,
Le long des quais du crépuscule,
A l’heure où le jour se défait.

Une semaine au grand complet,
Et dessous les ponts les reflets,
Passent comme je déambule
A l’heure où le jour se défait.

Dans les branches d’un noir de jais
Des arbres le corbeau se tait ;
S’il est un mot que j’articule
A ce moment, c’est le mot « paix » :
C'est l’heure où le jour se défait.

Ombre dans l’ombre, un peu distrait,
Lentement je retourne auprès
Des feux et des conciliabules
Dont la banalité me plaît
A l’heure où le jour se défait.

                               ***