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samedi 16 juillet 2016

Un Chevalier Déconfit.



(Château d'Assier - Quercy.)


Quand ferai-je crouler
Ces hauts murs qui me tiennent
Reclus et désolé ?
Ma tombe est d’obsidienne,
Mon caveau de granit,
Inutile à Ségeste,
Infécond pour Tanit,
A moi-même funeste ;
Sépulcre injustement
Scellé sur ma pensée,
J’ai rêvé longuement
De pierres fracassées
A la force des mots,
De serrures forcées
Et de prendre d’assaut
Cent poternes hersées,
Cent châtelets puissants,
Mille tours et courtines,
Cent bastions rugissants,
Mille fossés d’épines
Profonds et croupissants,
Avant de mettre en flammes
Le palais oppressant
Où se languit mon âme.
Mais hélas les donjons
Comme les barbacanes
Sont restés ce qu’ils sont
Et je demeure un âne.

                               ***

mardi 28 juin 2016

Le Cycle des Amours Déçues - XXII: Toutes les Amours.






Il est des amours plus torrides
Que n’est un été calabrais,
D’autres, je ne sais qui décide,
Dont la tendresse fait l’attrait
Et puis il en est d’un peu « frais »
D’être moins jeunes que timides
Enfin il est des amours vides
Dont, hélas, vous êtes si près.

Il est des amours sans remède
Et des amours sans avenir,
D’autres dont la pente est si raide
Qu’à peine peut-on s’y tenir,
Certaines qui vous font frémir,
D’autres à qui la raison cède
Comme il en est pour qui tout plaide
Sans qu’on parvienne à les unir.

Filles et fils d’un beau rêve,
Enfants d’un désir partagé,
Il est encor des amours brèves
De cour ou bien de potager,
De l’esprit chez les plus âgés,
Chez les plus jeunes pleines de sève ;
Il en est qui durent sans trêve,
D’autres qui vont se négliger.

Il est des amours incertaines
Qui n’iront jamais de l’avant
Enfin il est des amours vaines
Comme ces « oui » jetés au vent,
Maudit éparpilleur de graines
Dans le silence des couvents
Ou le bassin clair des fontaines
Qu’assèche l’été si souvent…

                  ***

mardi 24 mai 2016

Amants.






Au dernier carrefour, revenons en arrière,
C’est le dernier moment et c’est la dernière chance ;
L’avenir est trompeur et toute règle ment,
Demain parle déjà de notre propre absence.

Écoute ma parole et soyons ces amants
Dont chaque siècle a su murmurer au poète
Dans le souffle du vent un écho de la fête
Où passe quelquefois comme un gémissement.

Soyons,  chacun pour l’autre, et la bûche et la flamme,
La falaise et la mer, la blessure et l’onguent,
Avec l’inassouvi plus que l’extravagant,
Le velours d’une couche et le fer d’une lame !

Laisse la certitude à la rigidité
De ceux dont chaque jour s’écrit dans un vieux livre
Et qui craignent bien moins de mourir que de vivre
Tant ils ont en horreur ce mot de liberté.

Mon destin c’est le tien, identique et contraire
Et le même désir que rien n’assouvira
Battra de son ressac la grève de nos draps
Où le monde renaît parfait et éphémère.

                               ***                                      

jeudi 25 février 2016

Nuit Blanche.






Nuit blanche avec comme tribune
Le bourg sous les nuages noirs
Qui posent comme un éteignoir
Sur la chandelle de la lune ;
Le bourg des fantômes absents,
Aux longues ruelles désertes,
Ses murs en enfilade à perte
De vue et moi le seul passant
Qui voudrait savoir comme on passe
Des bords du fleuve éteint des nuits
Aux sources d’où fut éconduit
Le vieil Adam que l’Ange chasse
Dans un coin sombre du tympan
De notre église paroissiale.
Qui sait où la « robe nuptiale »,
Que je voudrais revêtir, pend ?
Aussi  je tisse pas à pas,
Dans la nuit noire où tout sommeille,
La nuit blanche de ceux qui veillent,
Gueux et poètes d’ici-bas.

                 ***
 

mercredi 13 janvier 2016

Quête.






Mon pas se fait moins leste,
Chaque heure rétrécit,
Mon territoire aussi
Et tout ce qui me reste
Ne vaut presque plus rien
Lorsque je le compare
A ce que j’aimais bien ;
Les souvenirs m’égarent.
Mes désirs sont aux jours
Ce qu’aux jours sont les rêves :
L’or d’un sable qui court
D’une course trop brève
Que le vide soudain
Sans rémission arrête
Et j’en compte les grains
Comme le mendiant quête…

                        ***