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dimanche 18 janvier 2026

Vers l'oubli.


 

Le temps ? Que veut dire le temps ?

Boisseaux de souvenirs, inutile moisson,

Ce n’est plus le moment,

Ce n’est plus la saison !

Un visage s’efface,

Une histoire, un printemps

Et jusqu’à la dernière trace,

Tout ce à quoi l’on tenait tant

Et l’inutile autant…

Cette vie comme une leçon

Si longuement apprise

Qui passe et qui s’estompe,

Se fragmente et se brise !

Mes souvenirs s’en vont ;

Je suis encore ou je ne le suis plus,

Au bout de l’horizon

Si vide, une ombre ton sur ton,

Bientôt un inconnu.

 

jeudi 16 avril 2020

L'amour de nos aînés.



(Carnaval de Bâle - 2008.)

Ce n'est pas à moi que leur mort est due !

Je les ai protégés, bien enfermés
A double tour, aussi loin de la vue,
De l’aide et de l’amour de leurs aimés
Qu’il est possible et ma sollicitude
Les a privés, pour leur sécurité,
De tout contact. Dans cette solitude
Qu’il est hors de question de limiter
Parce que c’est la plus simple mesure,
J’en suis heureux, ils sont bien à l’abri !
Trois fois par jour, je vous rassure,
On leur porte à manger, ils sont nourris !
Ils peuvent échanger quelques paroles,
Juste un instant, avec un être humain,
Après, paisiblement, beaucoup somnolent
Et chaque jour ressemble au lendemain,
Leurs quatre murs comme seul paysage.
Et c’est très bien, rien ne vaut le repos
Et la tranquillité dans le grand âge.
Nous veillons et faisons tout ce qu’il faut.
Surtout pas de contacts ! Le téléphone
Si c’est possible, ah mais pas de courrier
Venu d’ailleurs ! Qu’ils se raisonnent,
C’est pour leur bien, surtout pas de papier !
Ils meurent malgré tout ? Allons ! Quand même ?
Oui, cher monsieur, ils nous quittent quand même,
Désespérés, douloureux et reclus,
N’ayant jamais revu ceux qui les aiment,
Pas même au cimetière, et c’est voulu…

Oui, d’accord, mais… leur mort ne m’est pas due !

                               ***

jeudi 4 octobre 2018

Contre les miroirs.




Je ne contemple aucun miroir
Tant leur image est déformante,
C’est qu’au fond de leur eau dormante
Les jours enfuis se laissent voir.

Pourquoi devrais-je en leur reflet
Avoir une aveugle confiance ?
Qu’ai-je à faire de la conscience
De l’apparence de mes traits ?

Dans leurs bons jours ils sont flatteurs,
Dans leurs mauvais, ils sont prophètes
De malheur. L’homme qui s’y reflète
Je le tiens pour diffamateur !

                               ***