Faut-il, Madame, qu’on s’entête ?
J’ai beaucoup et peut-être trop
Parlé, courtisan aux grands mots
Qu’en tous temps les amants répètent,
Des heurs et malheurs de l’amour,
Des calmes plats et des tempêtes,
Des victoires et des défaites
Qu’on y rencontre tour à tour.
Tout cela c’est pour ne rien dire
Que d’ordinaire et de banal.
Entre eux ils se distinguent mal
Par ce qu’ils clament ou soupirent
Et qu’on déjà dit avant eux,
Toujours de la même manière,
Dans l’emphase ou dans la prière,
Sans retard, tous les amoureux.
Je fus comme eux et je me vante
De ne l’être plus mais j’ai peur
Que de ce changement, mon Cœur,
Vous ne soyez guère contente…