vendredi 5 septembre 2025

D'outre-passé.

 

 

 

Il souffle un vent d’outre-passé,

Je le connais en dilettante,

Il répondait à mon attente

Au pays dont on m’a chassé.

 

Il n’était jamais si pressé

Qu’il ne me parle ou ne m’enchante ;

Il souffle un vent d’outre-passé.

 

De tout ce qui s’est effacé

-Que la mémoire est inconstante-

Ma rime se tient pour contente,

Ce soir, qu’il m’en raconte assez :

Il souffle un vent d’outre-passé,

Je le connais en dilettante.

 

mercredi 3 septembre 2025

Quelle réponse.

 
 
  

Que me chanterez-vous à la vieille saison

Où les feuilles s’en vont où le vent tourbillonne ?

Que me chanterez-vous entre braise et tisons

Pour rompre aux soirs profonds les silences d’automne ?

 

Les roses du jardin, les champs de la moisson ?

Et ces verts potagers où le melon bedonne ?

En de trop courtes nuits, ces émois à foison

Où le présent au rêve un moment s’abandonne ?

 

Il pleut sur tous les vers des poètes anciens,

Avant tout songe-creux et souvent girouettes,

Mais jamais il ne plut comme il pleut sur les miens

Pendant que de ma main j’écris cette bluette.

 

Ces grands chênes dehors, pour qui gémissent-ils ?

Vous ne me dites rien et le soir est si proche…

Le refrain du grand vent c’est un refrain d’exil ;

Que me chanterez-vous si ce n’est un reproche ?

 

vendredi 29 août 2025

Cet été.

L’été s’achève doucement

Au gré des nuages qui passent,

Les jours ne laissent pas de traces,

A peine a-t-on vécu l’instant

Que demain chasse maintenant.

 

Rougissez d’être aussi volages,

Mes heures et mes agréments

Qui l’êtes plus que des amants

Les goûts autant que les orages;

Ô, vous saisons, rougissez-en.

 

Qu’avez-vous fait de vos promesses,

Qu’avez-vous fait de vos moments ?

Comme pour ceux qui vont s’aimant,

Ce sont de bien courtes ivresses,

De bien éphémères présents.

 

Un peu d’encre sur une page,

Des mots à la couleur du temps

Éternellement de passage

Comme nos amours mal contents

Et comme toujours les nuages.

 


 

mercredi 27 août 2025

A La Rochelle.

 

Une première, ennuyeuse, effacée

Que prolonge une autre pensée ;

Trois tirets, point d’exclamation,

Et la mer jusqu’à l’horizon.

 

Les mots et maillons de la chaîne

Nés d’un regard, peut-être à peine

Sur la feuille qui les conçut

Écoutés ou même perçus…

 

Ces tours ont d’anciennes querelles,

A l’ardoise du ciel se mêle

Un reflet sombre d’océan,

Laissons-les dormir au néant,

 

Ce reposoir pour tout le zèle

Dont ces remparts sont sans nouvelles ;

Vagues sont les vagues et moi

A marée basse et sans émoi.