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mardi 11 novembre 2025

L'eau qui dort.


 

De ville en ville -il en est maintes-

La rivière est une eau restreinte

Qui court où je voudrais aller :

La rive où le vent est salé

Aux bords ébréchés de la terre

Où demain ressemble à naguère.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Passe un bateau de promenade,

La rivière est sans incartades,

Sans facéties, sans horizon

Entre ses deux rangs de maisons,

Et tout ce qu’au loin elle emporte

Ce ne sont que des feuilles mortes.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

La rivière est une eau qui dort,

Calme et contente de son sort ;

De ciel et de reflets vêtue,

Les arches des ponts la salue

Et moi j’ajoute -où t’en vas-tu ?-

En rêvant mon rêve têtu.

 

C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.

 

Une vie en ville amarrée,

Manque une voile à la marée..

Les trottoirs sont bien démunis

Des mots qui disent l’infini

Emprès[1] la rivière emportée

Vers l’estuaire et la jetée.

 

 C’est en marchant le long des quais

Que j’y repense et puis me tais.



[1] Emprès : archaïsme pour auprès de.

mercredi 27 août 2025

A La Rochelle.

 

Une première, ennuyeuse, effacée

Que prolonge une autre pensée ;

Trois tirets, point d’exclamation,

Et la mer jusqu’à l’horizon.

 

Les mots et maillons de la chaîne

Nés d’un regard, peut-être à peine

Sur la feuille qui les conçut

Écoutés ou même perçus…

 

Ces tours ont d’anciennes querelles,

A l’ardoise du ciel se mêle

Un reflet sombre d’océan,

Laissons-les dormir au néant,

 

Ce reposoir pour tout le zèle

Dont ces remparts sont sans nouvelles ;

Vagues sont les vagues et moi

A marée basse et sans émoi.


mercredi 20 août 2025

Ce vent...


 

Il est né quelque part en mer,

A pris terre je ne sais où,

Fougueux, triste, joyeux, amer,

Le vent est toujours aussi fou.

 

Il discourt, déclame, raconte

Des histoires d’un peu partout,

Du vrai, du faux, au bout du compte

On s’aperçoit qu’à tous les coups

Le vent est toujours aussi fou.

 

Depuis le temps que cela dure

On n’en retient pas toujours tout.

Le vent poursuit, il n’en a cure,

Il s’amuse ; que voulez-vous,

Le vent est toujours aussi fou.

 

A certains jours le vent rabâche

Et quelquefois il souffle doux,

Quand il arrive qu’il se fâche

Le monde est sens dessus dessous.

Le vent est toujours aussi fou.

 

Ce jour s’il se lève en colère,

Je la tolère et je l’absous :

A force de courir la terre

Le vent est toujours aussi fou.