vendredi 16 septembre 2016

Les Quatre Saisons.





Quand le ciel est léger, au beau temps des semailles,
Nul ne songe à l’hiver, il n’est peine qui vaille
Et puis l’été se passe et le temps des moissons,
Il n’est pas de chagrin au temps des passions,
Puis la forêt se pare et l’automne flamboie,
Si les champs sont déserts les vignes sont en joie,
Et vient le dernier jour où les feuilles s’en vont,
Le froid règne à son tour et la triste saison,
La nuit qui se prolonge et le jour qui s’écaille,
La neige, le verglas, le givre et la grisaille.
Mais qu’ils ne règnent pas surtout sur vos chansons :
Ni bois mort ni flocons surtout, sur vos blasons !
Sur la table un flacon et dans vos mains un verre
Tout débordant d’un vin couleur de primevère,
Un rire au fond du cœur, aux lèvres un bon mot;
Laissez la nuit glaciale à l'éclat des Gémeaux !

                               ***   
                    

mercredi 14 septembre 2016

La Rue d'Hiver.






La rue est grise et triste
Et l’air froid du matin
Sent la fumée.
Hivernale
Et bien nommée
Mélancolique et matinale,
Dans la brume automnale,
La rue s’anime enfin
D’ombres banales
Du quotidien.
Allées et venues sépulcrales
Aux contours indistincts
Que le brouillard exhale ;
Grise dessous le ciel livide
Et un jour incertain
Luit une rue humide.

                               ***        

Les Pensées Grises.





Mes pensées grises tourbillonnent
Comme la feuille danse au vent,
Pour quel voyage allègrement,
Par les chemins roux de l’automne ?

Il pleut comme il pleut chaque fois
Qu’à la douceur le temps s’adonne
Près de l’hiver qui s’en étonne
En maugréant je ne sais quoi.

Mes pensées grises tourbillonnent,
Tournent en rond, pressées, brouillonnes,
En désordre ou bien se suivant               
Comme elles font assez souvent                                                                          
Puis s’enfuient subrepticement
Par les chemins roux de l’automne.

                               ***


mardi 13 septembre 2016

Un Soir.






Je voulais me parler de bosquets et de bois,
De lacs aux flots d’argent, de rivières tranquilles,
De villages anciens et peut-être de villes
Dans le calme du soir où s’estompent leurs toits,

De champs et de chemins qui s’ouvrent devant moi,
De clochers rassurants, de campagnes faciles
Au sein de vieux pays ordonnés et fertiles
Qu’en ce jour finissant en esprit je revois.

Je voulais me bercer d’une ancienne espérance
Et rythmer mon repos des songes de l’errance,
Je voulais promener mon cœur insatisfait

Sur les sentiers déserts d’un monde imaginaire,
Mais devant mon ennui mon rêve s’est défait
Et dans ce soir pluvieux j’ai choisi de me taire.

                               ***                       

Le Temps Passe.





Le Temps Passe. - Et D’Autres Vers.

Aux jours d’antan que j’étais libre
Je pouvais vaguer à mon gré
Des bords du Rhin à ceux du Tibre
Pour me distraire et admirer.
Et maintenant que puis-je encore
Hormis me le remémorer
Lorsque la peine me dévore ?
J’entends certains soirs mordorés
Dire au fond de leur crépuscule
Des vers scintillants et nacrés
Qui rendent les miens ridicules.
Je sais au bord des horizons
Les mots que compose l’aurore…
Je voudrais les entendre encore
Au hasard des quatre saisons.

                               ***                      



Le Temps Passe – Suite – Regrets.

Hélas « ancien »  ne suis,
« Moderne » je ne puis,
Entre les deux, hybride,
Peut-être creux ou vide
Mais non le faux-semblant,
Pastiche désolant
D’une œuvre de génie
Qu’un médiocre copie.

Hélas, « ancien » ne suis
N’en ayant la mesure,
Ni non plus « d’aujourd’hui »,
N’aimant les sinécures
Que la chienlit conduit
Où chacun se rassure
D’autant plus que sa nuit
Se trouve plus obscure ;
Non, quelle triste allure !
Moderne je ne puis.

Ni palais, ni masure,
Le reste s’en déduit,
Qu’on me laisse conclure :
Je suis ce que je suis.

                               ***                                                                                                                    
                                              


Le Temps Passe – Suite - Promenade.

Je me promène avec mes souvenirs
Sur ces pavés qui vont au crépuscule,
D’abord brillants, lentement se ternir ;
Ma nostalgie est un peu ridicule.

Sans doute, je la flatte, j’en conviens,
N’est-elle pas un peu « de ma famille » ?
Mais c’est à tort, tout ce que j’en retiens
C’est une collection de peccadilles

Dont le meilleur auteur ne ferait rien,
Pas même bonne à quelque litanie,
Bref, un défaut et dont je sais trop bien
Ce qu’il a pu m’en coûter d’avanies.

Et les reflets s’en vont au fil de l’eau,
Coin de ciel pâle où dort l’ombre des pierres,
Monde immobile, un instant sans défauts,
Ocre des toits et fleurs des jardinières…

Trois pas sur les pavés bossus
Où flânent près de moi d’autres septembres,
Certains heureux et quelques uns déçus,
En camaïeu de roses ou bien d’ambre,

Ma nostalgie en camaïeu de gris,
Au fil de l’eau que le couchant ouvrage
Sur les canaux que les passants surpris,
Tout alentour admirent au passage.

                               ***