mardi 16 mai 2017

Sans Chansons ni Vivats.





Sur les champs moissonnés
Glisse le crépuscule,
Août a presque passé
Sur les champs moissonnés.

L’été qui vînt s’en va
Sans chansons ni vivats.

Le temps s’est trop pressé,
Voici que tout bascule
Sans avoir commencé ;
Glisse le crépuscule.

L’été qui vînt s’en va
Sans chansons ni vivats.

Hors des chemins lassés,
Vers l’horizon qui brûle,
Sur les champs moissonnés
Glisse le crépuscule.

                               ***

lundi 15 mai 2017

Une Guitare.



(Gérone - La cathédrale.)

Une guitare doucement
A changé cette nuit d’automne en une nuit d’Espagne
Où veillent toujours deux amants,
Alors qu'ici le vent, arpente,  glacé,  la campagne
Et que les bois se dressent nus.
Je rêve un instant que je suis sur une place obscure,
Tous les bruits se sont tus,
Une tiède langueur monte du fond de la nuit pure.
Le ciel est scintillant,
Pourpoint de velours noir semé d’un lointain feu d’étoiles…
Les notes vont s’éparpillant,
C’est un romancero ancien que les accords dévoilent ;
Amour quel est donc ton conseil ?
Au détour du pavé, la brise exhale son haleine,
Si douce encore de soleil,
De fleurs et de rochers, au front des palais madrilènes
Blasonnés d’or et de vermeil
Dont je ne sais, Lazarillo, le nom ni la grandesse ;
Allons que ta guitare joue et qu’elle joue sans cesse !

                               ***

dimanche 14 mai 2017

Au Crépuscule.



(Strasbourg - Quai des Pêcheurs.)


Le crépuscule est bleu, mélancolique et bleu,
Les arbres et les toits s’y fondent peu à peu,
Le crépuscule est bleu, tranquille et silencieux.

Lente, la nuit descend, obscurcissant le quai,
La rivière est d’argent et la ville se tait,
Lente la nuit descend et cette heure me plaît.

Sur la branche sans feuille où la lune scintille,
J’ai posé d’un regard ce rêve qui vacille,
Sur la branche sans feuille et sur l’onde qui brille.

Chaque fois que revient l’heure du crépuscule,
Le temps cesse de fuir et peut-être recule,
Chaque fois me revient cet espoir incrédule.

                               ***

Une Après-midi. - Rondel.




Au vent fume la cheminée,
Le ciel d’hiver est triste et froid,
Mon horizon est bien étroit
Que borne l’ardoise mouillée.

Au loin voyagent mes pensées
Qui ne connaissent point de lois ;
Au vent fume la cheminée,
Le ciel d’hiver est triste et froid.

La nuit prendra cette journée
Morne comme la fin du mois,
Je rêve des champs et des bois
Fleurissant la nouvelle année ;
Au vent fume la cheminée.

                               ***

samedi 13 mai 2017

Midi, Minuit.





Minuit chante l’aurore,
Midi rêve du soir,
Déjà poursuit encore ;
Minuit poursuit l’aurore.

Les jours s’entredévorent
En cherchant à se voir ;
Minuit chante l’aurore,
Midi rêve du soir.

                               ***        

Instants Infimes.



(Strasbourg - Bâtiments de l'ENA, ex prison pour femmes, ex-commanderie St-Jean en l'île verte.)

Infimes instants de la pénombre obscure,
Calmes, silencieux et que la nuit épure,
Temps rare et précieux dont les fragments murmurent
Un chant de bonheur aux accents de raison,
Comme un hymne clair, tranquille et profond,
Infimes instants, voici votre maison.

Voici pour vous louer l’hôte accueillant
Et le foyer loin du monde bruyant,
L’humilité loin des discours brillants ;
Heure plaisante aux rimes pérégrines,
Voici le lieu de paix loin des doctrines
Et l’huis bien clos où nul ne tambourine.

                               ***