Tilleuls d’orfèvrerie et dorés à la feuille,
Araucarias grenat, rubescence d’érables
Dispensent sans compter leurs trésors périssables
Au soleil d’un matin qu’un soir mauvais endeuille.
Et l’aube que salue un vague lendemain
N’est plus que d’arbres noirs, de tristesse et de deuil
Auxquels tout rimailleur pourtant fait bon accueil
Tout comme je le fais et signe de ma main.
Les marronniers des quais ont perdu leurs tons fauves,
Les cieux sont d’un lavis de gris, comme la vie,
Déjà la pluie en ville au bout des jours s’ennuie,
Le vent aussi. Les marronniers des quais sont chauves.
L’automne en ritournelle aux accents de saison
Imprègne tant soit peu les poèmes qu’on faits
Nostalgiques, bien sûr ; ce n’est pas sans raison
Et à bien réfléchir, c’est du meilleur effet.
