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dimanche 9 août 2026

Rien.

 


 

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,

Un petit air presque indolent,

Une comptine, une berceuse,

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse.

 

Et quant aux veilles sourcilleuses

Qu’un autre y prenne son élan,

Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,

Un petit air presque indolent.

 

Comme un refrain un peu vieillot,

Comme une vague mélodie

Peut-être en pièces des lambeaux

Qu’on voudrait en vain réunies…

 

 

Un trois fois rien dont on s’émeut,

Un souvenir à l’eau de rose,

C’est le cœur qui déraille un peu,

Une émotion qui prend la pose…

 

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,

Vivement que demain arrive ;

Il vaut mieux se coucher, je crois.

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi.

 

Allez, nous n’irons plus au bois,

Le fleuve coule entre ses rives.

Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,

Vivement que demain arrive.

 

jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.

 

jeudi 12 février 2026

Un soir de février.

 

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive,

Chantez-les à votre façon ;

Ce sont quelques vieilles chansons.


Qui oserait dire : « Pressons,

On nous attend sur l’autre rive » ?

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive.

 

                        ***

 

Il était un jardin,

Il était une rose,

Parler demeure vain,

L’amour est peu de chose.

Si triste dans sa fin,

On n’en sait pas la cause,

L’amour est peu de chose,

Parler demeure vain.

 

L’amour s’en va, l’amour s’en vient,

La danse est affaire de poses,

Toujours encore et déjà rien,

C’est affaire de glose.

 

                        ***

 

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent,

Que sont ces visages sans traits ?

Le brouillard couvre le marais.

 

Quatre saisons pour quels attraits ?

On n’en conserve aucune trace.

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent.

 

                        ***