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jeudi 7 mai 2026

Rue des Pyramides.

 


Sais-tu,

 

Le ciel est gris, le ciel est bleu

Et retour en arrière ;

C’est déjà dire un peu

Que d’esquisser une prière.

 

Le bleu du ciel flotte dessus les toits,

La rue en bas est vide,

Malgré son nom – c’est Pyramides

L’ombre y semble à l’étroit.

 

Nul fantôme n’y flotte à reculons,

La ville est sans mémoire

Et les soirs d’hiver sont très longs

Au grand bonheur des Moires[1].

 

Je m’en irai demain, c’est bien ainsi ;

Ce qu’avec moi j’emmène

C’est le bonheur d’ici

Et c’est toujours hier qui me peine.

 



[1] Les Moires, pour les Grecs ou Parques pour les Latins sont les trois divinités qui régissent le cours de la vie des mortels : Clotho celle qui file, Lachésis celle qui enroule  et Atropos celle qui coupe le fil de leur vie.

 

jeudi 12 février 2026

Un soir de février.

 

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive,

Chantez-les à votre façon ;

Ce sont quelques vieilles chansons.


Qui oserait dire : « Pressons,

On nous attend sur l’autre rive » ?

Ce sont quelques vieilles chansons

Au bout d’un soir à la dérive.

 

                        ***

 

Il était un jardin,

Il était une rose,

Parler demeure vain,

L’amour est peu de chose.

Si triste dans sa fin,

On n’en sait pas la cause,

L’amour est peu de chose,

Parler demeure vain.

 

L’amour s’en va, l’amour s’en vient,

La danse est affaire de poses,

Toujours encore et déjà rien,

C’est affaire de glose.

 

                        ***

 

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent,

Que sont ces visages sans traits ?

Le brouillard couvre le marais.

 

Quatre saisons pour quels attraits ?

On n’en conserve aucune trace.

Le brouillard couvre le marais,

Comme les jours anciens s’effacent.

 

                        ***    


vendredi 29 janvier 2021

Valse lente.

 

 


 

La valse lente des flocons

Se disperse dessus l’écluse

Et disparaît dessous le pont,

La valse lente des flocons.

 

Les canaux en toile de fond

Ce soir où les ombres s’accusent,

La valse lente des flocons

Se disperse dessus l’écluse.

 

Et l’hiver s’égrène à foison

Sur cette eau dormante où s’accuse

Le reflet terne des frontons

Altiers que malgré tout amuse

La valse lente des flocons.

 

                               ***