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samedi 27 août 2016

Arbre.






Je me souviens que je fus arbre
Et je revois mon fût puissant
Plus droit et serein que le marbre
Des vieux temples éblouissants,
Ma cime, flambeau de lumière
Et mes racines en ruisseaux
Qui cheminaient vers la rivière
Partager la fraîcheur de l’eau
Dessous la terre obscure
A la longueur du temps ;
Je revois ma verte parure,
Quatre saisons, un seul printemps
Aux innombrables renouveaux.

Je me souviens que je fus arbre
Et je voudrais l’être à nouveau.

                               ***                       

mercredi 20 juillet 2016

Chimère Agreste.






Je profite autant que je puis,
Tant que c’est encore faisable,
De la campagne où me conduit
Mon goût des ombres agréables,
Des soirs et des matins sans nom,
Des vastes horizons paisibles
Où nul espoir ne dira non,
Où nulle heure n’est inflexible.
Je profite autant que je puis
Et tant qu’il en existe encore,
De telle ou telle chimère et je suis
Des sentiers que le monde ignore
Mais que le dieu aux pieds fourchus,
Sous un ciel bleu de porcelaine,
Aima dès qu’il les reconnut ;
Aphrodite, déesse  hellène,
Laisse le forgeron bossu
Forger à ce monde ses chaînes
Et ne me laisse pas déçu
De rêver où tu te promènes.

                               ***                                       

mardi 12 juillet 2016

Ô Prince...






Noir intense des ombres à l’emporte-pièce
Qui découpent midi sur les places désertes
Où l’été lumineux s’enflamme de liesse
-Et pas un souffle d’air par la fenêtre ouverte -,

Noir aigu des cyprès plaqué sur un ciel bleu,
D’un bleu profond de céramique, étincelant
Sur l’ocre des murs et des toits d’où, tortueux,
Naît et s’échappe un chemin de calcaire blanc,

Noir implacable, es-tu le contraire de l’absence ?
Aux perles de cristal des fontaines bruissantes,
Un écrin de velours, aux heures qui s’avancent,
Sereine négation de l’aube évanescente ?

Limite du soleil, frontière de l’été ?
Es-tu le réfractaire ou le prince invaincu ?
Dans cette lutte es-tu le héros entêté
Ou l’ermite impuissant à qui le rêve a plu ?

                               ***                                                   
   

mardi 8 mars 2016

Après Tout...







Le soir tombe, grisâtre, après tout c’est l’hiver
Et l’hiver n’est pas gai, du moins c’est ce qu’on pense.
Il est de givre, il est de froid et d’arrogance,
Il est de jours obscurs, de tristesse au travers,
Il est de neige et de grésil et de brumes humides
Mais s’il est tout cela, après tout c’est l’hiver.

Il est de champs déserts et de campagnes vides,
De sol dur sous le gel et de vague chagrin,
Il est de solitude à l’horizon livide,
De forêts sans feuillage et de sillons sans grain,
Il est d’ombre et de nuit, de vent et de froidure,
D’inexistants midis, de cieux toujours couverts,
Mais s’il est tout cela, après tout c’est l’hiver.

Est-ce tout ce qu’il est ? Une voix me murmure
Qu’il est également – est-ce important cela ? –
La bouilloire qui chante et l’arôme d’un plat,
Et l’âtre qui rougeoie et la nuit sinécure,
La pénombre où s’endort le reflet ou l’éclat,
Et les heures de paix et les heures sereines,
Et la douce chaleur et la vie à couvert,
L’intermède et le temps qu’un même songe entraîne
Dont il faut dire aussi qu’après tout c’est l’hiver.

                            ***
 

vendredi 19 février 2016

Le Grand Jardin.




Un grand jardin où vivre simplement
Sans s’occuper du pourquoi, du comment
Ou du combien, ni du reste du monde,
Un coin perdu que le soleil inonde
Sans jamais regarder à la saison
Et, quelque part, paisible, une maison
Où revenir quand les ombres s’allongent
Pour y voir, silencieux, glisser les songes ;
Un grand jardin à l’écart d’aujourd’hui,
Où nul chemin connu d’autrefois ne conduit,
Dont il ne naît ni route, ni ruelle
Vers l’avenir, où l’heure ponctuelle
Et banale à souhait se suffirait
D’un horizon qu’on esquisse à grands traits,
Cadre lointain et qui demeure vague
Pour que l’esprit, librement, y divague ;
Que j’aimerais cet objet de dédain
Pour les hommes glorieux : un grand jardin…

                         ***