mercredi 21 août 2019

Petite ville.




Petite ville d’un été
Dont les commerces en faillite
Aux rues baillent de tous côtés
Et que l’Histoire oublie ou quitte,

Petite ville où les gens vont,
Les uns blafards, les autres ternes,
Avec des rides sur le front,
Des yeux que la pauvreté cerne,

Petite ville qui n’a rien
Hors la naissance d’un grand homme
Dont nul ici ne souvient
Et qui n’attire pas en somme,

Petite ville, que veux-tu,
Il va nous falloir disparaître
Puisque notre âge est révolu
Sans espoir jamais de renaître.

                               ***    
   

Une chanson en Cornouailles.




Pissenlits, boutons d’or et primevères,
Vergers en fleurs, tulipes des jardins,
Qui peut garder quelque penser sévère ?
Printemps, vous êtes un joyeux gredin !

Je suis les chemins creux de Cornouailles,
Chantant où j’entends le merle chanter,
Des chants d’amour, des chants de fiançailles,
Qu’Avril au loin s’amuse à répéter.

Marcheur marchant au chemin qui chemine,
Prête l’oreille et reprend le refrain,
La vague azur que l’écume domine
Chante de même avec autant d’entrain.

Au doux printemps de la vieille Bretagne,
Aux jours d’entre l’iris et le lilas
Que cette joie nouvelle, en croissant, gagne
Jusqu’aux plus malheureux et aux plus las !

                               ***        

Un printemps breton.




Barrant l’horizon devant moi,
Aux derniers feux du crépuscule,
Brillent les falaises de Groix ;
La vie, un étrange pendule,
Qui va sans cesse pour chacun
De l’espérance qui persiste
A des rêves trop tôt défunts,
Me trouve ce soir réaliste.
J’admire le bleu de la mer
Et l’ocre doré de la plage,
Le port où mon regard se perd
Aux mats de ces bateaux trop sages,
Le soir me semble assez content
Des vagues d’argent débonnaire
Et je me dis que ce printemps
A fait du mieux qu’il pouvait faire.

                               ***