lundi 10 septembre 2018

Crépuscule en Toscane.




Cette fin du jour a la douceur d’un autre âge,
La finesse d’un rose au plastron d’un nuage
Semble être de la main de quelque maître ancien,
Les collines sont bleues, le bleu d’un soir qui vient
Du fond de ce tableau qui peint un paysage
De vigne et d’oliviers où l’ombre des cyprès
Met un trait de fusain dont la nuit se propage
Tout le long de chemins sinueux à souhait.

Et l’on voit aussi loin que peut porter la vue
Des villages perchés, de petites cités
Qui brillent au soleil dont le feu s’exténue
Et qu’on ne sait nommer et qu’on ne peut compter ;
Dans le ciel qui pâlit des nuages violine
S’en vont si lentement qu’à peine on le devine,
Encore un peu de temps voilà que le soir naît
Que le ciel s’est éteint, que le monde est en paix.

                               ***

mercredi 29 août 2018

Au retour.




Ne dis rien de la mer,
Oublie un peu le fleuve
Qui veux-tu qui s’émeuve
De ce que toi tu perds ?

Laisse au ciel ses nuages
Courant sur les embruns,
Et ses beaux paysages
A ta Loire en écrin,

A ce flot son rivage,
Son sable à l’océan,
A l’oubli ces ombrages
Et ce rêve au néant.

Du rocher à la vague
Jusqu’aux arches du pont
Le même écho divague
S’étonne et se répond.

Et que tu le saisisses
N’importe pas ou peu :
Délice avec cilice
Rime autant qu’il se peut.

                               ***        

mardi 28 août 2018

Fin Août.




Quand le mois d’Août tire à sa fin
Le matin sent déjà l’Automne,
Les fleurs languissent au jardin
Quand le mois d’Août tire à sa fin.

Et cette douceur qui couronne
Même les midis citadins
Et leurs avenues monotones
Prend des allures de regain
Quand le mois d’Août tire à sa fin.

Sur les marronniers autochtones
Teints de rouille et de parchemin
Le temps s’alanguit monotone ;
Les fleurs languissent au jardin.

Au bois murit la belladone,
La fougère au pied des sapins
Jaunit et le vent qui marmonne
Je ne sais quoi, fraîchit soudain ;
Je n’attends rien, rien ne m’étonne,
Trouvez-vous ces mots sibyllins ?
Quand le mois d’Août tire à sa fin
Le matin sent déjà l’Automne.

                               ***