Dis-moi Gretel, dis-moi Margot, dis que ma peine
Vaut celle de Ronsard avecque son Hélène !
Les larmes d’un chagrin se moquent bien du temps,
Des vivants et des morts et du poète autant.
Les amants de Vérone et Pyrame et Thisbée,
Et Rodrigue et Chimène, Eurydice et Orphée,
Qu’ont-ils vécu de plus, de mieux ou de moins bien ?
Mais eux seuls sont connus et c’est eux qu’on retient,
Pas nous, nos grands élans ou nos grandes misères
Où nous étions pourtant tout autant qu’eux sincères.
Dis-moi si la valeur que l’on donne à ces mots
Quand le cœur se dilate ou quand le cœur se serre
Sonne juste chez eux et chez nous sonne faux ?
Et si oui, pourquoi donc, dis-moi Gretel, dis-moi Margot ?

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