samedi 14 juillet 2018

les deux roses.





Il est des roses dans les sables,
Il en est dans les prés aussi,
Lesquelles sont les plus aimables ?
Il est des roses dans les sables.

Pour vous le dire en raccourci,
Les premières sont plus durables ;
Il est des roses dans les sables,
Il en est dans les prés aussi.

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Longtemps après.





Vieilles photos en noir et blanc
Où l’on voit surtout des feuillages
Avec en plus au second plan
Comme une ville d’un autre âge.

Sûrement sous les frondaisons
Il devait passer des calèches
Au pied d’imposantes maisons
A l’heure où les ombres sont fraiches.

Les bords de l’eau n’ont pas changé ;
Où sont les ponts, les avenues ?
L’herbe folle a désagrégé
Jusqu’à la pierre des statues,

La place redevient campagne,
Le trottoir retourne au sentier…
Je ne sais si le monde y gagne
Mais l’oubli même a ses rentiers.

                               ***





Le Veilleur.




Au fil des nuits qui se succèdent
Celui qui veille se souvient :
La figure du Temps est laide ;
Que tiendrai-je encore pour mien ?

L’ombre de la nuit se dissipe,
Voulez-vous regarder enfin ?
Pâques fleurissait de tulipes
Et l’été sentait le jasmin.

Le calme régnait dans la ville
Lorsque nous étions, vous et moi,
Presque aussi jeunes qu’inutiles
Et l’avenir avait ses lois.

Nous vivions tous un peu la vie
D’un village ou d’un vieux faubourg
Au temps où les heures unies
Composaient lentement les jours.

Je m’en souviens, je m’émerveille ;
Chacun comprendra s’il me lit,
De renoncements en oublis,
La peine de celui qui veille.

                               ***