dimanche 14 février 2016

A la Saint-Valentin.



Musée de l’Oeuvre Notre-Dame. Strasbourg.

Longue journée et morne à force de silence,
Malgré les souvenirs, un vide immense
Où vont glisser les heures lentement,
Éphémères ou non, heureux amants,
Vous seuls, qui savez si bien vous suffire,
Vous connaissez en ce qui vous attire
Ce que vaut l’existence et seuls, à deux,
Vous saurez en combler le vide un peu.

Pardon, mais si ce n’est vous que je fête,
C’est de mémoire, un rêve que vous faites
Comme en son temps de même je l’ai fait
Pour l’oublier et ce jour, en effet,
M’en souvenir avec mélancolie.
Le feu consume et vos amours jolies,
Amants, heureux amants, s’envoleront
Comme fait la fumée et vous seront
Un jour d’une saint-Valentin future,
Source des mêmes mots je vous l’assure…

                     ***

Bon Anniversaire.



Musée de l’Oeuvre Notre-Dame. Strasbourg.



Souviens-toi des soixante-deux,
Merveilleux, faibles ou hideux,
Souviens-toi des soixante-deux !

De quoi parlé-je ? Eh bien des ans
Qui constituent ton existence,
D’amour, de peine et de présent
Changeant au gré des circonstances.

Du mauvais comme du bon temps,
Sentiers des bois, routes des plaines,
De ton voyage tout autant
Où je te vois bien perdre haleine ;

Pardon, je joue avec les mots,
Ce ne sera pas tout de suite.
Beaucoup de biens, beaucoup de maux
Vont dépendre de ta conduite.

Aussi tâche de bien choisir,
Toi qui possède l’expérience
Des catastrophes du désir
Et les arcanes de la science
De tout avoir sans rien saisir.

Souviens-toi des soixante-deux,
Merveilleux, faibles ou hideux,
Souviens-toi des soixante-deux !

                   ***
 

jeudi 4 février 2016

Ambre-Marine.






Mon rêve est semé d’oliviers
Au vif-argent du crépuscule,
D’ombres longues sur les sentiers
Où plus un passant ne circule,
Du bronze ardent des libellules
Que le soir vient revivifier
D’agapanthes en campanules ;
Mon rêve est semé d’oliviers.

Mon rêve est fait d’ambre marine
Où je vois danser ton regard
Au bord d’aurores purpurines.
Je fus un voyageur hagard,
Ombre solitaire et chagrine
De quelque contrée à l’écart,
Mais sur la route benjamine
S’éloignent la friche et l’essart,
La moisson des jours se devine
Au carrefour de nos hasards ;
J’ai dit aux lignes pérégrines :
Mon rêve est fait d’ambre marine.

                   ***

L'Espoir, la Fête et le Regret.






Dimanche gris sur des trottoirs de pluie,
Une après-midi presque enfuie,
La tiédeur d’un appartement,
L’hiver en somme et simplement.

Des images que l’on ressasse
Et seul ou non, le temps qui passe
En gouttes d’eau sur les fenêtres
En « autrefois » et en « peut-être ». 

L’un après l’autre des prénoms
Liant à mortaise et tenon
Tout ce qui fut à ce qu’on est,
L’espoir, la fête et le regret…

Dimanche gris, calme et sans âge,
En uniforme de nuages,
De froides averses et de vent,
Et d’hiver derrière et devant.

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Le Cycle des Amours Déçues XIII. L'Epistolier.






En attendant que le sommeil vous prenne,
Que lirez-vous ? Une lettre de moi ?
Non, c’est un non, et comme à chaque fois,
Ce non que vos lèvres égrènent,
En attendant que le sommeil vous prenne.

De l’an qui meurt à celui qu’on étrenne
Je pose ma question sans grand émoi :
En attendant que le sommeil vous prenne,
Que lirez-vous ? Une lettre de moi ?
Je sais que non et ce non c’est ma croix.

                        ***