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mardi 12 juillet 2016

Tiresias a dit...






Et voici que naît quelque chose de sombre,
De dur et de cassant,
Une pierre aride au froid venu de l’ombre
En reproche incessant.

C’est un fardeau noir et c'est un mal inique
Qui vient avec le temps ;
Prenez au miroir ce rire sardonique
Que ce matin vous tend,

Il est bien trop tard pour faire des manières
Ou changer de façon,
Le monde en allé, c’est la mort qui conquière
Et donne la leçon.

Les heures d’alors, vous les direz amères
Puisque tel est leur nom
Et qu’il faut ouvrir votre bouche à la terre
Sans pouvoir dire non.

                               ***       

lundi 6 juin 2016

1788 (II).







Ici c’est encore le calme et le silence
Mais l’étude n’est plus, il s’en faut, sans soucis.
Dehors un vent mauvais tourbillonne et s’élance,
Une rumeur grandit, prémices de violences,                                   
Un destin fait d’excès, d’ombre, d’erreurs aussi ;
C’est encore la calme et le silence ici.

Des tomes oubliés ouvrent les vieilles pages
D’une ode désuète, d’un sonnet dépassé,
Murmures harmonieux des amours d’un autre âge,
Et pourtant – regardez ! -, ni plus fous, ni plus sages…
Un parfum de papier que le temps a chassé
Sur des rayons lointains de poussière embrassés.

Ici le temps n’est plus à de vains bavardages,
Ma plume, hâtons-nous, l’époque a rétréci,
Les jours nous sont comptés, voici venir l’orage
Où l’amoureux des vers est un vain personnage
Et le gardien des mots, un songe-creux ranci ;
Hâtons-nous donc, ma plume et poursuivons ainsi,
Achevons le travail comme ces vers ici.

                               ***                                                       

lundi 29 février 2016

La Mouette.







Contre le ciel, là-haut, sur le rebord d’un mur,
Il vient de se percher une mouette blanche.
D’où t’en viens-tu, présage presque sûr
De l’hiver et du froid ? De quel rafiot de planches,
Pourrissant lentement dans je ne sais quel port
De cette longue côte ornée d’écume grise
Qui rejoint au ciel bas la grand-plaine du Nord
En cette grève pâle où la vague se brise ?

Été, mon bel été, voici venir la fin,
La mouette le dit et son aile de neige
Porte déjà le deuil de ton règne défunt.
Il me semble que je frissonne. Où donc irai-je ?
Je ne puis m’envoler pour suivre le soleil,
Ni chercher sa chaleur près des rives lointaines,
Ni fuir le jour glacial en un profond sommeil,
Tout ce que je puis c’est rester… Et vivre à peine,
Attendre que le ciel redevienne un jour pur
Au souffle échevelé des grands vents qui balayent
Les mauvaises saisons, attendre une merveille :
Que la mouette enfin ait déserté le mur.

                        ***