lundi 20 août 2018

Deux compagnons.




Le fauteuil ne dit rien, il vieillit avec moi
Et son coussin s'affaisse et ses accoudoirs s'usent,
Il a pris mon empreinte et souscrit à mes choix,
Nous somme de ces vieux qu'aucun rêve n’abuse,

Philosophes parfois et fatigués souvent,
Deux meubles d'autrefois qui ne sont plus utiles
Qu'à parler de la vie au fil d'un autre temps
Et dans un crépuscule apaisant et futile.

Tous deux persuadés de ne servir à rien
Nous cultivons heureux  notre vieille paresse,
Nous nous ressemblons tant, nous nous comprenons bien,
Nous cultivons notre âge et plus rien ne nous presse.

Où le désir est roi, nous vivons de l'oubli,
Et de la discrétion et de l'indifférence,
Du repos que l'on prend, de la page qu'on lit
Et de nos souvenirs dont le nombre est immense.

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