mercredi 1 août 2018

Regard




Une heure du matin vient juste de sonner,
Un souffle d’air plus frais monte enfin de la rue ;
De loin en loin des mots, un rire et sa décrue
Signent les attardés de quelque après-dîner.

Une voiture suit, facile à discerner,
Qui file en solitaire au long d’une avenue ;
Pour les trottoirs déserts l’attente continue,
Paisible, et plus un bruit ne vient la profaner.

La grande pièce obscure imprime son  image
Aux contours indistincts et aux reflets épars
Au temps qui n’a pas plus d’épaisseur qu’une page,

Une page immuable où chacun pour sa part,
Dans la nuit de l’été, laisse errer sans ambages
L’éphémère éternel d’un unique regard.

                               ***        

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