vendredi 26 juin 2026

En jours, en mois.

 


Dépêche-toi, dépêche-toi

Avant que la cloche ne sonne !

On ne sait, ni toi ni personne,

S’il faut compter en jours, en mois

-Ecrirai-je le mot « années » ? –

Ce que la Parque doit filer.

Ma plume, éternelle étonnée,

Il faut courir ou mieux : voler.

Que cette époque ou non s’y prête,

Que nous importe en vérité ?

La dernière monture est prête,

Elle attend de nous emporter,

Ne perd plus aucune minute,

Nous savons bien qu’en cette lutte

- Tous deux bavards, est-ce un défaut ? –

Nous n’aurons pas le dernier mot.

 

mardi 23 juin 2026

Rondeau caniculaire.

 

Dans la pénombre, sans rien faire,

Pendant que brûle ce pays

De bois trop secs et de paillis

Sous le ciel blanc de sa lumière.

 

Même penser est téméraire,

Me suis-je dit, fort ébahi,

Dans la pénombre sans rien faire.

 

Il faut attendre, il faut se taire

Pendant que brûlent les taillis

Et les ruisseaux de cailloutis,

Il faut se cacher sous la terre

Dans la pénombre, sans rien faire,

Pendant que brûle ce pays.

 


 

mercredi 17 juin 2026

Le grand chêne.

 

Image obtenue par IA (GEMINI Google)

I.

 

Le grand chêne au bord du chemin

Habille ses branches de neige,

Noël est pour après-demain

Mais ton retour, alors, qu’en sais-je ?

 

Qu’est-ce qui te ramènerait

Où déjà le passé s’efface ?

Comme j’aimais, moi j’aimerais

Mais plus rien n’a gardé nos traces.

 

Si les chemins nous ont perdus,

Si trop d’étés au loin t’entraînent,

Dans l’aigre froid, le vent aigu,

Peut-être qu’en parlant au chêne…

 

L’hiver est la belle saison

De ce qui meurt ou se termine,

Ne pourrait-il dire : « non » ?

Et le reste je l’imagine.

 

II.

 

Sur notre pays familier,

Ce mois, que de neige est tombée…

Je me dis, à la dérobée,

Qu’il est facile d’oublier.

 

Dessous leur blanche couverture

Les champs d’antan n’existent plus,

Comme nos rêves éperdus

Qui s’y tissaient à l’aventure.

 

Devant l’arbre où je t’attendais

Je fais encor de nous mémoire.

Reconnaitrais-tu notre histoire

Si le chêne me répondait ?

 

Je bien sûr qu’il y repense,

Le vieil arbre, mais il se tait.

L’hiver est, un chacun le sait,

La froide saison du silence.