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vendredi 26 juin 2026

En jours, en mois.

 


Dépêche-toi, dépêche-toi

Avant que la cloche ne sonne !

On ne sait, ni toi ni personne,

S’il faut compter en jours, en mois

-Ecrirai-je le mot « années » ? –

Ce que la Parque doit filer.

Ma plume, éternelle étonnée,

Il faut courir ou mieux : voler.

Que cette époque ou non s’y prête,

Que nous importe en vérité ?

La dernière monture est prête,

Elle attend de nous emporter,

Ne perd plus aucune minute,

Nous savons bien qu’en cette lutte

- Tous deux bavards, est-ce un défaut ? –

Nous n’aurons pas le dernier mot.

 

mardi 30 octobre 2018

Mots et chameaux - Satire.




Si les mots ne sont rien, du moins les mots des hommes,
C’est, j’en suis bien certain, qu’ils sont ce que nous sommes
Et quoi de plus normal tout l’ensemble arrivant
D’une motte de terre et d’un souffle de vent ?

Oui, tout commence ainsi, tout vient de ce mélange.
Ce souffle avec nos mots devient un courant d’air
Et le terreau se met, quel phénomène étrange,
A gonfler à tel point qu’il se croit Jupiter.

Imaginez la scène : autant il est de mottes
En ce monde étonnant, autant on a de dieux,
En jupes, en pourpoints, en pantoufles, en bottes,
Impénitents bavards, jaloux et orgueilleux,

Qui vivent au milieu de leurs flots de paroles,
Sans cesse mâchonnant comme font les chameaux
Et comme eux promenant une bosse en symbole,
Le front haut des penseurs qui se prennent au mot.

                               ***

vendredi 28 septembre 2018

Le silence bavard.




Rien n’est moins silencieux que le silence
Dans un appartement trop familier.
Un bibelot vous fait la révérence
Et vous raconte un moment oublié,
Sur les rayons de votre bibliothèque
Tel livre hors d’âge évoque vos parents :
Et que ce soit Nerval ou bien Sénèque 
Combien de voix murmurent dans ces rangs 
Fragiles et glorieux de leur poussière ?
Ils réveillent l’écho des soirs anciens
De discussion dans la douce lumière
De cette lampe en faïence de Gien
Qui par hasard a conservé sa place
Et je pense, songeur – suis-je à blâmer ? –
Mais toi, miroir, conserves-tu la trace,
Sans en parler, des visages aimés ?

                               ***