dimanche 26 août 2018

Un pont.




Une photo ancienne : un chaud soleil d’été,
Une place, un laurier et des maisons paisibles,
Les vacances bien sûr et la tranquillité ;
Le passé de ma vie, un monde inaccessible

Inaccessible ? Non ! Pas autant qu’on le dit.
En voyant ce cliché je retrouve sans peine
L’impression du moment et pourquoi je l’ai pris,
Je peux nommer l’endroit, tout revient et s’enchaîne,

Ceux qui m’accompagnaient sont à côté de moi,
-Pourquoi se taisent-ils ?- nous descendons la rue,
Je l’écris au présent, ce n’est pas autrefois,
Nous explorons la ville et je l’ai déjà vue ;

Chaleur de ce mois d’août et pavés inégaux,
Avançons les enfants, cherchons une terrasse
Et nous la trouverons plus bas au bord de l’eau
Près du pont où le temps se transforme en espace…

                               ***

Le pays lointain.




L’herbe recouvre ces sentiers
Si vieux qu’ils sont presque oubliés
Au fond reculé de campagnes
Qu’on ne connaît plus qu’à moitié
Et que leur silence accompagne.

Broussailles folles et détours
Pour des horizons de toujours
Où nulle horloge ne s’empresse,
Où nul songe ne tourne court
Pour que l’aube à la fin renaisse.

Pays lointain et familier,
Pays de ceux qui vont à pied,
Bien peu nombreux sont ceux qu’amène
A toi leur rêve encore entier
Mais qu’ils n’avoueront qu’à grand-peine.

                               ***

vendredi 24 août 2018

Ce "Je" qui n'est pas moi...




J’ai vécu des heures de braise,
J’ai vécu des heures de plomb,
Qui sait dans lesquelles au fond
Je me trouvais le plus à l’aise ?

Peut-être les plus malheureux
Sont-ils d’abord ceux qui ne vivent
Qu’une « moyenne », un « entre-deux »
Afin que rien ne leur arrive.

J’ai bien moins gagné que perdu
Mais j’ai tenté ; c’est cela vivre.
On n’obtient pas toujours son dû ;
Des dettes la mort vous délivre.

Outre qu’il est une passoire
Pour toutes sortes de malheurs,
Le bouclier de la tiédeur
Ne protège que de la gloire.

J’ai vécu des heures de braise
Dont quelques souvenirs me pèsent,
J’ai vécu des heures de plomb
Dont le temps n’était pas si long…

                               ***