dimanche 5 janvier 2020

Réminiscences.




C’est l’heure vide et nue
Des dimanches déserts
Quand meurt au fond des nues,
Pâle, un jour qui se perd
Et que dans les allées
Des jardins silencieux
Nos amours désolées
Nous plaignent d’être vieux…

Que dites-vous ma mie ?
C’est l’ombre ou c’est le froid
Ou votre fantaisie
Qui vous trompent je crois.
Dans la nuit le murmure
De mes mots s’est perdu
Et dans leur fuite obscure
Nulle n’a répondu.

                               ***

samedi 4 janvier 2020

En parallèle.




Je vais un chemin parallèle
Et mon hiver est d’autrefois,
La campagne blanche est si belle ;
Je vais un chemin parallèle.

Le froid au silence fidèle,
L’absence par rigueur et choix,
L’horizon clos, pour citadelle
L’ombre si longue au bord des toits,

L’étang, la rivière qui gèle
Et la patience de surcroît ;
Je vais un chemin parallèle
Et mon hiver est d’autrefois.

                               ***        

Souvenirs d'un pays disparu.



(Dambach - Alsace - Un matin d'automne.)

De tous ceux dont vous parlez, que reste-t-il ici ?
Rien, à peine les pages d'un livre que personne ne lit.
Un livre, mais un livre muet
Car il parle de choses trop anciennes,
Avec des mots beaucoup trop usés pour qu'un lecteur aujourd'hui s'en souvienne…
Vous dîtes des noms disparus,
Des paysages usés,
Des saisons qu'on ne voit plus,
Et des maisons que le temps a rasé,
Vos mots font le son des cloches lointaines,
Que le temps a fêlées
Et dont le vent emmène
Un écho désolé
Mourir dans un jour étranger.

                        ***