dimanche 5 mai 2019

A marée basse.




Le crépuscule s’est éteint,
Ce soir s’enfuit à marée basse,
Groix[1] s’efface dans le lointain ;
Le crépuscule s’est éteint.

La mer et le ciel sont d’étain,
Mêmes les vagues semblent lasses ;
Le crépuscule s’est éteint,
Ce soir s’enfuit à marée basse.

                               ***


[1] Groix : l’île de Groix en Bretagne sud.

samedi 4 mai 2019

Ce mois de Mai.



(Île d'Ouessant - Bretagne.)
Je lève une coupe fictive
A votre santé mes amis
Et ma joie est un peu chétive ;
Ce mois de Mai, le vent gémit.

Il pleut mais c’est une habitude
Des printemps que l’on voit ici,
Nous avons toute latitude
D’y réfléchir à nos ennuis ;
Ce mois de Mai, le vent gémit.

Lorsqu’il me revient des nouvelles
De celui-là, de celui-ci,
Je comprends bien que nos chandelles
Vont se consumer sans merci ;
Ce mois de Mai, le vent gémit.

Je puis songer à nos voyages
Mais je sais bien qu’ils sont finis,
Pour vous le dire sans ambages,
Notre horizon a rétréci ;
Ce mois de Mai, le vent gémit.

Mais voici que la nuit arrive,
Mieux vaut arrêter ce récit,
La peine est quelquefois bien vive ;
Ce mois de Mai, le vent gémit.

                               ***       

Silhouette.




C’est un moment que j’imagine
Ou peut-être que je revois,
Ta silhouette s’y dessine :
C'est un moment que j’imagine.

J’ai su, je sais ou je devine,
Après tout est-ce vraiment toi ?
C’est un moment que j’imagine
Ou peut-être que je revois.

                               ***

jeudi 18 avril 2019

La chanson du mendiant.




Dans le ciel au crépuscule
La lune pleine est d’argent ;
Je ne suis pas son émule,
Tôt levé, plus qu’indigent.

Dans le ciel qui s’épure
Les oiseaux chantent la nuit,
J’ai deux trous à mes chaussures
Et le hasard me conduit.

D’espérance en espérance
Il ne reste que la faim,
Au sans-toit toujours l’errance,
L’errance jusqu’à la fin.

Bonnes gens faites l’aumône
A celui qui tend la main,
Bienheureux celui qui donne
Tant il gagnera demain.

Voici que la nuit venue
Chacun retourne au logis ;
Le mien se nomme la rue
Et l’encoignure où l’on gît.

Accrochée aux cheminées
La lune est un louis d’or
Dont la poussière arrachée
Me fait rêver où je dors.

                               ***