dimanche 10 mars 2019

Il y a...




Il y a…

Que j’aime le temps qui paresse
Et la fenêtre sans volets
Et l’eau tranquille que caresse
Le rêve changeant des reflets.

Il y a…

Que j’aime l’ombre des églises
Au pied des chapiteaux romans
Où le ressac des jours se brise
En silence tout simplement.

Il y a…

Que j’aime au verre qui s’embue
L’éclat dansant des vins heureux
Et la cuisine encore imbue
De l’orgueil des plats chaleureux.

Il y a…

Que j’aime les vieilles faïences
Des vases fleuris d’autrefois
Aux bouquets de longue patience
Des grands jardins et des longs mois.

Il y a…

Que j’aime, lent et taciturne,
L’ample cours des quatre saisons,
Le lit des mystères nocturnes
Et l’infini de l’horizon.

Il y a…

Que j’aime une vie étrangère
A celle qu’ici vous menez
Et quand vous me dites que j’erre,
Moi, je vous regarde étonné.

                               ***

samedi 9 mars 2019

Le copiste.




Tenter de conserver la trace
D’un savoir qui ne vaut plus rien
En espérant, car le temps passe,
Un autre à venir et qui vient.

Je sais déjà qu’il s’intéresse
A l’histoire des temps anciens,
De ce même temps qui me presse
Et qui va devenir le sien.

C’est pour lui que j’écris ces pages,
Je les relis à haute voix,
Leur écho traverse les âges,
Il les redira comme moi.

C’est tout mon but, mon espérance,
Ce que je conserve est précieux,
Un grand savoir en déshérence
Et pour lequel je fais au mieux.

Je sais, l’oubli ronge les âmes
Comme les rats le parchemin :
J’entretiens une pauvre flamme,
Je maintiens ouvert un chemin.

                               ***

jeudi 7 mars 2019

Banalités.




Au printemps des chemins boueux
On voit fleurir des aubépines,
Le sentier le plus montueux
Au plus haut sommet se destine.

Banal et d’ironie empreint
C’est toujours le même refrain.

Il est des hauts, il est des bas
Mais de rémissions en combats,
Entre le chardon et la rose
On peut gagner deux ou trois choses.

Banal et d’ironie empreint
C’est toujours le même refrain.

Les amants dans les nuits obscures
Tremblent-ils ? Non. Je vous l’assure !
Les vagues n’ont qu’un seul destin :
Naître et mourir, soirs et matins.

Banal et d’ironie empreint
C’est toujours le même refrain.

Voulez-vous une prophétie ?
Si haut que la sottise crie,
Si loin que porte son écho,
Le silence a le dernier mot.

Banal et d’ironie empreint
C’est toujours le même refrain.

                               ***