mercredi 30 janvier 2019

L'Hiver en retraite - Poème pour les enfants.




Monsieur l’Hiver se laisse aller,
Ce n’est pas tant le prix du givre
Qui le fait souvent reculer,
C’est qu’il aime se laisser vivre
Tout à fait comme vous et moi
Et que répandre de la neige
Dans la bise pendant trois mois,
C’est dur. Monsieur l’Hiver allège
Sa tâche aussi souvent qu’il peut ;
Les pieds au chaud dans ses pantoufles
Il s’assoupit au coin du feu.
Voilà pourquoi le vent qui souffle
N’est pas vraiment froid et qu’il pleut ;
Plus non plus la moindre gelée…
Monsieur l’Hiver n’est pas sérieux
Dit-on des sommets aux vallées,
On le dit des champs aux forêts,
Et puis des villes aux villages
Et des chaumières aux palais,
Mais Monsieur l’Hiver, à son âge,
Se fait à lui-même l’aveu
Qu’il a bien gagné à l’ouvrage
Le droit d’être enfin paresseux.

                               ***        

lundi 28 janvier 2019

Comparaison mélancolique.




Il rêvait sur ses souvenirs
D’un temps passé depuis longtemps
Mais tout finit par se ternir,
Le bon, le mauvais, tout autant.

Il ne cessait de se relire,
La mélancolie a son charme :
Ici l’on esquisse un sourire
Et là on écrase une larme.

Il se trouvait assez âgé
-Lui-même aurait plutôt dit « vieux »-
Et le siècle bien trop changé
Pour imaginer faire mieux.

Il regardait par la fenêtre
Le jour monter et redescendre
Mais se souvenir est à l’être
Ce qu’à la charpente est la cendre.

                               ***        

dimanche 27 janvier 2019

La nuit aujourd'hui.




La nuit multicolore brille
Où les reflets des rues scintillent :
Éclairage des devantures,
Éclat des phares de voitures
Et feux-rouges des carrefours.
Rouge, orange et vert, tour à tour,
Pour diriger les longues files,
Et leurs clignotements fébriles,
Qui veulent se précipiter
Au plus loin de l’obscurité
Où la nuit redevient profonde.
La même nuit dont la faconde
Anime ici mille rumeurs,
Éclats de voix, bruits de moteur
Qui grincent, grondent puis s’éteignent
Sous l’éclat figé des enseignes.
La nuit qui s’illumine ici,
Artificielle, sait que si
Vous prenez la rue adjacente,
Si délaissée, si peu passante,
Vous la retrouverez sans fard.
Non plus la nuit des couche-tard
Qui poursuivent leur insouciance
Mais la nuit sombre de silence
Sous la masse noire des toits,
Toute de paix, un peu d’effroi.

                               ***