jeudi 27 septembre 2018

Hier et aujourd'hui.




Un jour d’été, toujours le même,
Où rien, jamais, n’aurait bougé
Et dans le silence inchangé
Ces belles images que sème
Sur un chemin outrepassé
D’un soleil dans toute sa gloire,
Le chant heureux de ma mémoire
Pour tous ceux-là qui m’ont laissé.
Un jour d’été sans amertume
Qui m’offre des heures plus belles
D’être aussi celles qui rappellent
Ces ors ternis qu’un mot rallume
Et la douceur d’un autrefois
Qu’avec l’instant présent je tisse
En la trame étrange où s’unissent
Tant de merveilles à mon choix.

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mercredi 26 septembre 2018

Les chemins blancs.




Par les grands chemins blancs
Où le vent balaye l’automne,
A petit souffle, à grands élans,
Une ombre qui passe chantonne
Un refrain désolant
Par les grands chemins blancs.

Refrain des jours, refrain du temps,
Refrain des feuilles rousses,
Du ciel d’étain sur les étangs ;
Où sont les nuits d’été si douces
Et leurs étoiles de diamant ?

A l’horizon de faux-semblants
Des brumes pèlerines,
A contre-cœur, toujours plus lent,
Le soleil se dessine
Aux bords des arbres frissonnants
Par les grands chemins blancs.

La fougère a dit à la mousse :
« Prenez l’or de mon testament
Pour payer mon enterrement.
S’il faut que demain je repousse
Je ne dirai pas autrement. 
D’ambre, de satin et de soie
Où sont les soirs et les matins
Si clairs dans les taillis à claire-voie
Et puis qu’est devenue la joie ? »
La branche noire d’un sapin
Lui répondit se balançant :
« Je les ai croisés tout là-bas,
Il y a trois jours de cela,
Là-bas, tout au bout de l’ormoie[1]
Où ils passaient en s’en allant
Par les grands chemins blancs. »

                               ***       


[1] Ormoie : nf, endroit où poussent des ormes.

Plume à la main.




Que fait-on la plume à la main ?
On brode sur le temps qui passe,
On évoque ses lendemains,
C’est un peu faire du sur-place
En s’imaginant le contraire.
On dit que les mots portent loin,
Les miens, peut-être terre à terre,
Comme moi, restent dans leur coin.
Ils ne dépassent pas la ligne
Où je les ai calligraphiés
Lorsque, pour terminer, je signe
D’un trait au bas de leur cahier.
Que fait-on la plume à la main ?
On compose bien des ouvrages
Qui n‘ont jamais de lendemain
Et dont, vingt ans plus tard, les pages
Découvertes dans un tiroir
Vous feront peut-être sourire
Ou songer sans vous émouvoir
Qu’il était vain de les écrire.

                               ***