lundi 20 avril 2020

Imaginatif.




Ils font la sieste et moi je rêve encor:
En regardant ce mien tapis ponceau[1]
J’en rêve un autre aux mille boutons d’or
Qui s’étendrait alentour d’un ruisseau.
Je m’imagine au bord, comme on s’évade
D’un quotidien banal afin de vivre,
Et pourquoi pas amant d’une naïade
Étrange et qui m’implore de la suivre
Au cristallin dédale de ses eaux
Où les passions vivent d’éternité.
Et si le vent murmure que c’est faux
Qu’importe à qui ne veut que raconter
Pour son plaisir une de ces histoires
Qui font passer les après-midi vides
Où les tapis ponceau et dérisoires
Semblent bien assortis aux murs livides.

                               ***       


[1] La couleur « ponceau » est un rouge foncé soutenu.

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