A la fin de
sa crue et d’un débordement
Le fleuve
quelquefois ne reprend pas sa place,
Il creuse un
nouveau lit et s’écoule autrement ;
De sa fureur
éteinte il demeure une trace.
Que
voyez-vous au loin, prophète de malheur ?
La vie à
tout moment est encore la vie,
La
clairvoyance non, mais l’espoir et l’envie :
De l’aube la
plus grise il naît mille couleurs.
La grêle hache
le champ, fort bien, c’est une friche ;
De la
moisson perdue et du champ dévasté
Il naîtra, l’an
prochain, une moisson plus riche :
Le repos de
l’hiver pour un plus bel été.
Si le fleuve
a changé, sur sa rive nouvelle
C’est la
même lumière et dans l’épi de blé
C’est la
même promesse et qui peut la troubler ?
La joie est
souveraine et l’amour est fidèle.
***

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