vendredi 3 juillet 2015

La Crue.






A la fin de sa crue et d’un débordement
Le fleuve quelquefois ne reprend pas sa place,
Il creuse un nouveau lit et s’écoule autrement ;
De sa fureur éteinte il demeure une trace.

Que voyez-vous au loin, prophète de malheur ?
La vie à tout moment est encore la vie,
La clairvoyance non, mais l’espoir et l’envie :
De l’aube la plus grise il naît mille couleurs.

La grêle hache le champ, fort bien, c’est une friche ;
De la moisson perdue et du champ dévasté
Il naîtra, l’an prochain, une moisson plus riche :
Le repos de l’hiver pour un plus bel été.

Si le fleuve a changé, sur sa rive nouvelle
C’est la même lumière et dans l’épi de blé
C’est la même promesse et qui peut la troubler ?
La joie est souveraine et l’amour est fidèle.

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