dimanche 27 octobre 2019

Estompe.




Un paysage disparaît
Et dans mon souvenir les traits
D’un visage s’estompent.
Ce n’est pas la mémoire, non,
C’est la vie qui nous trompe ;
Je cherche en vain son nom,
L’époque ou l’âge,
Je ne retrouve plus la page.
Et pourtant cela fut,
Et c’était en pleine lumière,
Je le sais bien, je l’ai vécu
Et pourtant rien,
Plus rien,
Lorsque je regarde en arrière,
Le flou, la brume et le brouillard ;
Il serait donc si tard ?

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samedi 26 octobre 2019

Ardeurs premières.




Comme un cheval, secouant sa crinière,
S’ébroue, un bois où s’engouffre le vent
Frémit soudain d’ombres et de lumières
Qu’on voit courir partout, se poursuivant
Et s’enfuyant de sentiers en clairières
Avec ce bruit d’eau vive où, bien souvent,
Nous retrouvions de nos ardeurs premières
Ces mots de feu que j’évoque en rêvant.

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jeudi 24 octobre 2019

Port du Rhin.



(Le Port du Rhin - Strasbourg.)

La tôle des coques rouillées
Longe placidement les quais
D’ombres et d’herbes embrouillées
Que borde une rue sans troquets.

Octobre est doux et le soir tombe,
On croise très peu de passants,
En voiture on circule en trombe
Car chacun rentre en se pressant.

Les vieilles péniches s’oublient,
Elles somnolent et c’est tout ;
C’est une heure entre chien et loup
Empreinte de mélancolie,

Et leurs gouvernails sont inertes
Et leurs quilles touchent le fond ;
Le jour sur la darse déserte
Dans la nuit lentement se fond.

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