vendredi 28 juillet 2017

Deux poèmes d’amour « courtois » quoique imaginaire, écrits il y a bien longtemps.



(Château de Chambord.)

Curieuse chose que l’amour
Qui vous fait adorer des traits
Qui vous échapperont toujours
Pour tirer ses plus beaux attraits
Souvent de sa propre tristesse.
Je songe à vous sans me lasser,
Vous vous conduisez en Princesse
Et je ne sais pas vous chasser.

                               ***                                                 



Je ne connais aucune fleur
Qu’on puisse dire votre égale :
La rose est moins que votre sœur,
Le lys est, près de vous, bien pâle,
L’iris, pourtant mon préféré,
Quand je vous vois n’a plus de charme,
Le dahlia s’effeuille, atterré,
Et son éclat vous rend les armes.

                               ***

jeudi 27 juillet 2017

Quand reviendra...





Quand reviendra le temps de la douce indolence,
Des jours sans horizon, du calme et du silence
Et des jardins heureux et le calme du soir
Et les cieux d’autrefois qu’il ferait bon revoir ?

Le champ dort au soleil sous le vent qui le berce,
Dans les sous-bois ombreux que les rayons transpercent
Une ronde éphémère en son vol silencieux
Danse sans se douter que l’on peut-être vieux.

Mais je sais une histoire et je sais un visage,
De  l’aube au crépuscule, au sourire sans âge
Et de hier à demain ce même sentiment
Que nous avions alors que nous n’étions qu’amants.

Nous reverrons ces jours, quoique le monde change,
Au jardin de nos fleurs d’une douceur étrange
Où nos mains s’unissaient sous l’étoile qui luit
Quand l’ombre en fraîchissant nous annonçait la nuit.

Si je ne sais ni quand, ni comment, je t’assure
Que ces jours reviendront. Le ruisseau le murmure,
La feuille s’en soucie et la mousse et l’épi,
Le nuage le sait et le vent le redit.

                               ***         

mercredi 26 juillet 2017

Air connu.





Roses couleur d’été, marronniers de l’automne,
La rose dit l’instant et l’arbre ce qui vient ;
Cet instant c’est le vôtre et ce baiser le mien,
Faudra-t-il plus avant que l’un de nous raisonne ?

La rose de décembre est pauvre de parfum
Et sa corolle triste au vent glacé frissonne…
On goûte à ce qui s’offre, on prend ce qui se donne,
L’été, vous le verrez, est bien vite défunt !

                               ***    
    

mardi 25 juillet 2017

Regard.



(Le Massif Central en Hiver.)

Je regarde s’enfuir le vent
Avec une envie sans pareille,
L’horizon lointain m’émerveille
Et je rêve au soleil levant.

Le jour est gris, le rêve ment
Pourtant que rien ne me réveille,
Avec une envie sans pareille
Je regarde s’enfuir le vent.

Mon regard se perd dans l’espace
Poursuivant d’invisibles traces,
Il faut bien s’amuser un peu.

Puis cet amusement me lasse,
Je connais trop la fin du jeu ;
Mon regard se perd dans l’espace.

                               ***

Note: 

Ce poème est un « sonnet-triolet » dont la formule est la suivante : A1B1B2A2 – A3B3B2A1 – C1C2D1 – C3D2C1.